Freitag 22. September 2017

Espoirs pour la présidence estonienne de l’Union européenne

Alors que l’Estonie assure la présidence semestrielle du Conseil de l’UE à partir du 1er juillet, Mgr Philippe Jourdan, évêque de Tallin, nous partage ses attentes.

Voici quelques semaines, les chefs d’Etats européens se réunissaient afin de célébrer les 60 ans de la signature du traité de Rome, acte fondateur de la Communauté Economique Européenne. Il est particulièrement révélateur qu’ils aient aussi tenu à rencontrer le Pape Francois. On peut y voir un désir d’inscrire la construction européenne dans la ligne de l’héritage spirituel de notre continent.

 

C’est dans le contexte actuel d’une certaine crise d’identité et d’un retour aux fondements de l’Union européenne que commence la présidence estonienne de l’Union.

 

Comme tant d’autres pays d’Europe Centrale et Orientale, l’Estonie a subi le traumatisme des totalitarismes et des idéologies matérialistes du 20ème siècle. Une grande partie de la population a été déportée, de nombreux foyers brisés. La tradition religieuse - sur le papier tolérée, en pratique réprimée - s’est interrompue dans de nombreuses familles, ce qui explique, au moins en partie, que l’Estonie soit aujourd’hui l’un des pays les moins religieux d’Europe. Enfin, les signes mêmes de l’existence de l’Estonie comme Etat furent supprimés.

 

L’Estonie est sortie non sans mal de ce douloureux passé. Petit à petit, elle a repris la place qui était la sienne dans la famille européenne. L’idée même que l’on en arrive maintenant à une présidence estonienne de l’Union européenne est en soi un quasi-miracle, presque inimaginable il y a vingt-cinq ans, après que le pays soit passé si près de l’anéantissement pur et simple. Les Estoniens sont, à juste titre, heureux et fiers de participer de plein droit à la construction européenne.

 

L’Estonie a aussi une expérience unique, douloureuse mais utile, des dangers d’une unité fallacieuse et dépourvue de sens comme celle que constitua l’ancien bloc soviétique. Le mot “Union” n’est pas en soi un vaccin miracle contre les égoïsmes. L’expérience tragique de l’Union Soviétique l’a bien montré, et malheureusement les évènements des dernières années suscitent des craintes légitimes pour la cohésion de l’Union Européenne. Le mot “Union” n’est pas non plus un vaccin contre le désir prométhéen d’imposer un modèle d’homme nouveau.

 

Ce fut la base du projet soviétique dont les conséquences furent inhumaines, tant il est vrai, comme le prédisait le philosophe français Blaise Pascal que “qui veut faire l’ange fait la bête“. Heureusement, ce ne fut pas la base du projet européen, né du désir de paix et de respect mutuel entre les peuples, pris dans leur identité historique et dans la réalité quotidienne de la personne humaine.

 

Comme Eglise, nous espérons que la présidence estonienne de l’Union Européenne contribuera à ce que le développement du continent devienne plus équilibré. La construction européenne ne peut pas aboutir à ce que certains pays se vident de leur jeunesse et de leur force de travail au profit des autres. Il y a là une égalité que nous nous devons de rechercher.

 

Nous espérons aussi que la présidence estonienne contribuera à mettre véritablement la personne humaine au centre de la vie de l’Union, dans le respect des convictions et des valeurs de chacun, et qu’elle appuiera et renforcera la famille comme ancrage indispensable de la personne. Les valeurs européennes ne sont pas un modèle d’homme nouveau qu’il faudrait propager. Elles sont essentiellement le reflet de ce que nous sommes et de ce que nous croyons. Et nous sommes justement famille, et nés d’une famille.

 

Une partie importante de cette valeur est certainement un dialogue sincère et ouvert avec les religions, sans préjugé ni méfiance de part et d’autre.

 

Enfin nous espérons, et nous prions, pour que la présidence estonienne aide à résoudre au mieux le très grave problème des réfugiés et de leur accueil, en créant un nouvel effort de solidarité entre les pays.

 

Mgr Philippe Jourdan

Administrateur apostolique de l’Estonie/Délégué auprès de la COMECE

 

Les opinions exprimées dans europeinfos sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la COMECE et du Jesuit European Social Centre.

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Agenda

> 17 juillet
Présentation par la Commission Européenne de son examen annuel des développements en matière de questions sociales et d'emploi en Europe. L’édition 2017 se concentrera sur la question de l’égalité intergénérationnelle.
 
> 24 juillet
Réunion du Conseil pour les affaires économiques et financière (ECOFIN) qui rassemblera les ministres des affaires économiques et des finances des Etats membres de l’UE. Les politiques économiques de l’UE, la taxation et la réglementation des services financiers seront les principales questions à l’ordre du jour.
 
> 17-18 juillet
Réunion du Conseil pour l’agriculture et la pêche à Bruxelles. Les ministres européens en charge de la pêche et de l’agriculture y discuteront des questions relatives à leurs domaines de compétence et notamment de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal mais aussi de la santé végétale.
 
> 31 juillet – 11 août
Fermeture annuelle du siège de la COMECE à Bruxelles.
 
> 28 – 31 août
Réunion des commissions du Parlement Européen afin de préparer le travail législatif en vue de la session plénière du Parlement.

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