Monday 25. May 2020
#185 septembre 2015

Une université d’été pour l‘Europe – et au-delà

L’université d’été de la COMECE est en train de devenir un cercle de réflexion où se retrouvent chaque année de jeunes scientifiques et des chercheurs reconnus.

Promouvoir le dialogue autour du « projet européen » et de ses objectifs a toujours été une part de la raison d’être de la COMECE, mais: pourquoi une « université d’été »? Au départ, l’idée était d’offrir aux (jeunes) collaborateurs des conférences épiscopales membres de la COMECE, sous une forme exigeante mais informelle, la possibilité de connaître le processus d’intégration européenne de plus près et d’en discuter avec leurs collègues dans d’autres États membres. Après trois premières rencontres estivales dans les années 1999 à 2001, il est clairement apparu que le besoin d’un tel échange était plus fort dans les « futurs États membres » que dans les anciens et que leurs questions et leurs attentes dominaient les discussions. En toute logique, les rencontres des années 2002 à 2004 ont eu lieu dans les pays candidats à l’adhésion, en Slovénie, en Hongrie et en Slovaquie. L’intention sous-jacente n’était pas seulement de parler de ces pays et de leurs problèmes, mais aussi de se rendre sur place et d’apprendre à les connaître.

 

L’élargissement de l’Union européenne comme défi

L’élargissement de l’UE de mai 2004 a posé à nouveau la question du rôle et des objectifs d’une université d’été. La COMECE a trouvé dans le Diocèse de Graz-Seckau (Autriche) et l’Université de Graz deux partenaires avec lesquels ces questions ont pu être approfondies pour aboutir en septembre 2006 à la mise en œuvre d’un programme pour une université d’été de deux semaines à Seggau, dont les cours, intégrés au cursus universitaire, sont ouverts à environ 80 étudiants. Le droit de l’Union, l’économie, l’histoire, la politique et la société européenne, mais aussi les arts, les médias, la philosophie et la religion ont fait l’objet de cours magistraux et de séminaires.

 

Malgré le souhait de voir un échange entre « Est et Ouest », il est rapidement apparu que l’intérêt manifesté par les nouveaux États membres était aussi grand que celui des pays d’Europe de l’Ouest était faible. L’université d’été est ainsi devenue le rendez-vous de la « bonne vieille famille balkanique », pour reprendre l’expression d’une étudiante monténégrine. Elle a offert à des jeunes gens des pays de l’ex-Yougoslavie l’occasion de se rencontrer, de se connaître et d’abattre quelques préjugés. En conséquence, la guerre des années 90 et les traumatismes qu’elle a engendrés ont pris une place importante dans le programme de l’université d’été.

 

En prenant cette guerre pour sujet et en le traitant, Seggau a joué un rôle important, mais son travail n’a pas toujours été en mesure de compter sur le soutien des participants des autres régions de l’Europe: trop de Balkans! Il a été intéressant d’observer de quelle manière l’évolution de la situation politique, par exemple l‘indépendance du Kosovo, s’est reflétée dans les discussions entre les participants. Pour certains d’entre eux, l’université d’été a suscité un « changement de perspective personnel »: ceux-là ont pris la décision de passer une partie de leurs études ultérieures à l’étranger, à savoir dans le pays voisin « ennemi ».

 

Se tourner vers l’Amérique

Grâce à la présence de quelques étudiants d’Amérique du Nord a germé l’idée non seulement de ne pas laisser l‘Europe et l’UE tourner autour d’elles-mêmes, mais de les étudier dans un contexte transatlantique: Qu’est-ce qui unit, qu’est-ce qui sépare l’Europe et l’Amérique?

Depuis 2013, Seggau prend une orientation « transatlantique ». Cela se répercute sur les thèmes et sur la composition des participants; un contingent d’étudiants venus des États-Unis d’Amérique, du Canada, du Mexique, des Caraïbes et d’Amérique latine côtoie des Européens et quelques étudiants d’Asie et d’Afrique. Quelques enseignants d‘universités partenaires américaines de Graz sont même présents. À cet égard, il n’est pas toujours facile de sélectionner 80 à 90 bons participants parmi le grand nombre d’inscrits (presque 400 pour cette année).

 

À l’occasion d’un entretien, Christine Neuper, professeur et directrice de l’Université de Graz, a constaté avec étonnement: « Seggau évolue de plus en plus: d’une université d’été classique, elle est devenue un lieu de réflexion où, chaque année, se rencontrent jeunes scientifiques et chercheurs chevronnés». La poursuite des contacts qui se sont noués une fois est encouragée via un « réseau spécifique des anciens élèves ».

 

Dix ans après

2015 a vu la dixième coopération de l’Église et de l’université dans le cadre de l’université d’été. Grâce à l’évêque et à la COMECE, mais aussi grâce aux orientations figurant dans le programme scientifique et grâce à une offre spirituelle quotidienne, l’Église et la foi sont bien présentes à l’université d’été. Par ailleurs, celle-ci est consciente de ne pas s’adresser uniquement à des catholiques: depuis le début, elle se considère comme un « facilitateur du dialogue », comme lieu de rencontre, d’échange et de discussion sur l’Europe.

 

Ainsi forme-t-elle, tout à fait dans l’esprit du Pape François, au sein de notre société pluraliste et laïque, un service de l’Église rendu au projet d’intégration européenne et à sa dimension globale, et à toutes celles et tous ceux qui le portent vers l’avenir. Dans le sens de cette « fonction de dépassement » il semblerait logique de choisir pour thème de l’université d’été de 2016 celui de « transgression ou dépassement ».

 

Michael Kuhn

COMECE

 

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