Tuesday 23. July 2019
#134 - Janvier 2011

 

La conférence sur le changement climatique à Cancun trouve un accord inattendu

 

L’accord de Cancun permet de fonder des espoirs nouveaux pour les discussions internationales sur le changement climatique en restaurant la confiance dans les négociations multilatérales et en établissant pour elles de nouveaux principes.

 

Au cours des semaines précédant la conférence de Cancun, les commentateurs étaient tout sauf optimistes quant à son résultat. L’accord obtenu tard dans la nuit du 10 décembre par les représentants des 193 Parties de la conférence est donc une bonne surprise, un appel d’air frais au milieu d’un pessimisme généralisé en matière de discussions sur le changement climatique.

 

Le premier résultat, capital, de la conférence est la reprise des négociations multilatérales. Depuis 1992, la Convention sur le Changement Climatique est régie par la règle du consensus. Hélas, la dernière conférence (Copenhague, décembre 2009) a rompu cette manière de procéder. La gestion désastreuse de la conférence, préparant d’abord divers textes de discussion en l’absence de toute transparence dans le processus de consultation, offrant ensuite le spectacle affligeant de leaders politiques se rencontrant dans des salons improvisés pour chercher un accord en dehors de toute procédure formelle, a entraîné une rupture douloureuse dans la confiance mutuelle pourtant si nécessaire. Cette fois-ci la présidence mexicaine a joué un rôle décisif et déterminant. Comme l’exprime le Secrétaire Exécutif de la Conférence, Christina Figueres : « Cancun a rempli sa mission. Le signal de l’espoir a été rallumé et la foi dans le processus multilatéral pour obtenir des résultats en matière de changement climatique a été rétablie. Les nations ont montré qu’elles pouvaient travailler ensemble sous le même toit et obtenir un consensus sur une cause commune. Elles ont montré qu’un consensus obtenu par des voies transparentes et inclusives peut créer une situation favorable pour tous ». Seule la Bolivie a refusé de signer l’accord, refus considéré comme un veto inacceptable par l’assemblée.

 

Le deuxième résultat de la conférence est l’accord de Cancun lui-même. Commençant par une section intitulée : « une vision commune pour une action commune à long-terme », il contient l’accord fondamental sur le changement climatique, via le principe des responsabilités communes mais différenciées, prenant en compte les capacités respectives et les circonstances différentes des Parties. L’accord inclut les principaux piliers de l’action commune (atténuation, adaptation, financement, développement et transfert technologique, renforcement des capacités). Sont également reconnues l’origine anthropique de l’augmentation du taux de gaz à effet de serre selon l’évaluation du GIEC et la nécessité de réduire de façon draconienne les émissions de ces gaz pour limiter l’augmentation de la température moyenne du globe à moins de 2°C par rapport au niveau préindustriel (avec possibilité de revoir cet objectif à 1,5°C).

 

L’accord établit un Comité d’Adaptation pour promouvoir la mise en œuvre cohérente d’une « action renforcée ». La Convention s’équipe ainsi de capacités techniques qui renforceront son rôle futur. En matière de réduction, l’accord reconnaît les responsabilités différenciées entre pays développés et pays en développement. Pour les premiers, des objectifs ambitieux et une obligation de rendre compte ; pour les seconds, une réduction des émissions qui doit rester compatible avec le développement économique et l’éradication de la pauvreté. Non moins important est l’accord pour soutenir financièrement les efforts de protection des forêts dans les pays en développement (Initiative REDD+).

 

Cancun a établi un Fond spécial (Green Climate Fund), supervisé par un Conseil de 24 pays élus sur des critères de représentation, avec un budget d’aide rapide de 30 milliards de dollars pour 2011 et 2012, chiffre qui devrait atteindre 100 milliards à l’horizon 2020.

 

Mais il reste encore beaucoup à faire, comme le dit Connie Hedegaard, Commissaire européen à l’action pour le climat : « Nous devons tous garder présent à l’esprit que la route sera encore longue et périlleuse avant d’atteindre l’objectif d’un accord légalement contraignant sur le climat ». mais les discussions multilatérales ont permis d’éviter la confrontation. Joke Schauvliege, Ministre flamand de l’Environnement, de la Nature et de la Culture, représentant la Présidence belge du Conseil de l’Union Européenne à Cancun, a reconnu les intenses efforts effectués en coulisse : « l’UE a travaillé sans relâche pour réduire les différences à Cancun ». Que l’image d’une Europe réconciliant les positions opposées puisse servir d’inspiration, surtout si la route devant nous est encore longue.

 

José Ignacio Garcia SJ

 

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