Sunday 12. July 2020
#135 - février 2011

 

Liberté religieuse - condition de paix

 

Cette année, le Pape Benoit XVI a consacré son Message pour la Journée mondiale de la Paix à la question de la liberté religieuse. Ce message commence et se termine par la référence aux événements tragiques de Bagdad où, le 31 octobre dernier, pendant la célébration de la sainte Messe, deux prêtres et plus de cinquante fidèles furent tués. La liberté religieuse dans le monde n’est pas aujourd’hui suffisamment garantie. Cela touche en particulier les personnes qui professent la foi en Jésus Christ et qui « sont à l’heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi ».

 

Les attaques qui eurent lieu par la suite durant les fêtes de Noël constituent une confirmation supplémentaire de ce fait.

 

Le Pape a également parlé de la situation dans le monde occidental où la religion subit une croissante marginalisation. Car, à côté des persécutions ouvertes, il existe aussi « des formes plus élaborées d’hostilité envers la religion, qui, dans les pays occidentaux, se manifestent parfois par le reniement de l’histoire et des symboles religieux dans lesquels se reflètent l’identité et la culture de la majorité des citoyens. Ces attitudes alimentent souvent haine et préjugés et ne sont pas cohérents avec la vision sereine et équilibrée du pluralisme et de la laïcité des institutions, sans compter qu’elles peuvent empêcher les jeunes générations d’entrer en contact avec le précieux héritage spirituel de leur pays ».

 

Il n’est pas possible évidemment de comparer le niveau de garantie de la liberté religieuse au Proche et Moyen Orient avec ce qui se passe en Europe. Les chrétiens en Irak rêveraient de la liberté qui règne dans ce domaine dans les pays de l’UE. Mais ici non plus la situation n’est pas idéale, et les initiatives mentionnées prouvent qu’ou bien elle devient de plus en plus difficile, ou bien que croit la conscience des restrictions, limitations et des difficultés. Chaque limitation de la liberté religieuse imposée aux chrétiens n’est pas toujours une manifestation de mauvaise foi. Parfois, comme dans le cas de l’élimination des fêtes de Noël du European Diary, publié par la Commission européenne, cela semble résulter de l’irréflexion ou bien d’un enracinement insuffisant dans la culture européenne des personnes directement responsables de cette décision. Parfois, une telle attitude est l’effet secondaire de la politique de non-discrimination insuffisamment réfléchie qui en essayant de protéger les uns discrimine les autres.

 

Les voix des chrétiens ne résultent-elles pas de leur trop grande sensibilité, vulnérabilité? Il semble qu’après avoir rejeté les références au rôle historique du christianisme du préambule du Traité constitutionnel, après la décision de la Cour européenne des Droits de l’Homme sur les crucifix dans les écoles italiennes, après la tentative de limiter la liberté de conscience par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (Rapport McCafferty), l’hypersensibilité des chrétiens est facile à comprendre. Malgré de nombreuses preuves de discrimination, il ne serait pas opportun pour les chrétiens d’apitoyer sur soi-meme. Les difficultés éprouvées, il vaut mieux les considérer comme une occasion de témoignage au Christ.

 

Benoit XVI termine son message par ces paroles: « J’exprime aussi le souhait qu’en Occident, spécialement en Europe, cessent l’hostilité et les préjugés à l’encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l’Evangile. Que l’Europe apprenne plutôt à se réconcilier avec ses propres racines chrétiennes : elles sont essentielles pour comprendre le rôle qu’elle a eu, qu’elle a et veut avoir dans l’histoire; elle saura ainsi faire l’expérience de la justice, de la concorde et de la paix, en cultivant un dialogue sincère avec tous les peuples ».

 

Mais le Pape se réfère aussi aux signes positifs comme l’adoption par le Conseil de l’Europe d’une Résolution qui protège le droit du personnel médical à l’objection de conscience face à certains actes qui lèsent gravement le droit à la vie, comme l’avortement, ou le soutien de certains pays européens au recours du Gouvernement italien dans l’affaire concernant l’exposition de crucifix dans les lieux publics, ou la clairvoyance politique dont certains pays d’Europe ont fait preuve ces derniers jours, en demandant une réponse concertée de l’Union Européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient.

 

Piotr Mazurkiewicz

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