Sunday 12. July 2020
#135 - février 2011

 

Stratégie européenne pour le Danube

Une politique régionale commune pour la région du Danube


Lorsque, le lundi 17 janvier 2011, la Présidence hongroise du Conseil a rencontré les représentants des Eglises et des communautés religieuses, un thème figurait en bonne place sur l’ordre du jour : la future « stratégie pour le bassin du Danube » de l’UE, qui devrait être officiellement inaugurée à Budapest au printemps.

 

Après une consultation à laquelle ont également contribué les Eglises chrétiennes – par le biais d’une prise de position commune de la COMECE, de la CEPE (Communion des Eglises Protestantes en Europe) et de la CEC – la Commission européenne a publié, le 8 décembre 2010, une communication intitulée « Stratégie de l’UE pour la région du Danube » accompagnée d’un plan d’action.

 

L’importance de la région du Danube est évidente. Elle compte 100 millions d’habitants et couvre ⅕ du territoire de l’UE.

Ce bassin réunit également les régions les plus riches (la Bavière et Bade-Wurtemberg) et les plus pauvres de l’Union. La région du Danube joue un rôle essentiel dans les domaines du transport (le Danube comme voie écologique de transport) et de la sécurité énergétique – les grands gazoducs et oléoducs reliant les zones d’extraction de Russie et d’Asie centrale et les clients en Europe de l’Ouest. Cette zone dispose d’une grande biodiversité, mais aussi de vieilles industries qui menacent l’environnement. Elle bénéficie d’une grande richesse environnementale et culturelle et d’établissements scolaires de renom, mais il lui faut encore éveiller davantage l’intérêt du reste de l’Europe. Le plan d’action répartit les objectifs de toutes les activités en quatre thèmes : établir les priorités, les effets durables des projets sur le développement macro-économique de la région, le réalisme de la mise en œuvre des projets et sa cohérence.

 

Cependant, la Commission met particulièrement en avant trois « principes » de cette stratégie : pas de nouveau financement de l’UE, pas de nouvelle structure, pas de nouvelle législation de l’UE. Les citoyens et les institutions de la région peuvent composer avec les deux derniers principes, mais sans nouveau moyen, il sera difficile de planifier de nouveaux projets et encore plus de les réaliser. Les financements de l’UE pour la politique régionale d’ici 2013 étant pratiquement entièrement distribués, il ne sera pas aisé de démarrer de nouvelles activités : qui serait prêt à se voir reprendre l’argent qui lui avait été accordé ou à le partager avec un autre ?

 

Tant au niveau de la communication que du plan d’action, les Eglises ont deux desiderata. Il est vrai que les pays et les ethnies de la région du Danube sont liés par une histoire et une culture commune. Cependant, cette histoire a aussi été marquée jusqu’à très récemment encore par des préjugés, des tensions et des affrontements. L’une des prérogatives essentielles pour la réussite de la stratégie pour le Danube est une réelle volonté de réconciliation. Cet objectif de départ du processus de l’intégration européenne ne peut être omis : la collaboration économique de la CE/l’UE n’était qu’un moyen, même s’il était essentiel, d’y parvenir. L’existence d’une société civile effective – bien qu’elle soit assez faible dans de grandes parties de la région - est essentielle à la réussite de la réconciliation. Le plan d’action ne fait que mentionner la nécessaire construction de la société civile : au-delà de l’établissement d’un « forum de la société civile », il reste étonnamment vague.

 

Dans leur contribution à la consultation les Eglises ont souligné l’importance, non seulement de la réconciliation, mais aussi de la société civile. Rien de neuf : les nombreuses petites initiatives, souvent régionales, ont uniquement besoin du soutien et de l’interconnexion avec les autres initiatives. Beaucoup d’entre-elles sont menées par les Eglises et les communautés religieuses : celles-ci sont plus que disposées à partager leur expérience en la matière et à développer ses initiatives.

Lors des contacts avec la jeune génération – que ce soit lors de l’Université d’été internationale de Seggau ou lors des « séminaires sociaux » organisés par la Kommende Dortmund, la Fondation Konrad Adenauer ou la Franz-Hitze-Haus de Münster -, il est apparu que les jeunes étaient prêts à s’engager pour un avenir sous le signe de la réconciliation dans leur région, mais aussi à quels obstacles complexes ils devraient faire face pour y parvenir : chômage structurel, manque d’éducation, système politique sclérosé, préjugés, haine. Soutenir dans leurs efforts les jeunes adultes, souvent idéalistes, et les empêcher d’émigrer ou de quitter la région pour cause de frustration, devrait être l’un des objectifs prioritaires de la stratégie pour le Danube.

 

La Commission a déjà annoncé que la publication de la communication et du plan d’action de la stratégie pour la région du Danube n’était qu’une première étape, une proposition à laquelle il fallait donner vie. Il reste maintenant aux Eglises et aux communautés religieuses à utiliser les possibilités déjà offertes par la stratégie pour des projets et des initiatives concrètes et, en se basant sur les expériences qui en seront tirées, de collaborer de manière créative et active à ce « travail en cours » par leurs conseils et leurs actions.

 

Michael Kuhn

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