Thursday 28. May 2020
#148 - avril 2012

 

Le budget européen passe au vert.

 

La Commission européenne a publié une proposition ambitieuse visant à assigner 20% du budget de la période 2014-2020 pour les questions relatives au changement climatique. Ce faisant, la Commission procure un poids financier à la stratégie ‘Europe 2020’.

 

La Commission européenne est en pleine négociation du futur budget qui couvrira la période 2014-2020. L’une des propositions les plus intéressantes consiste à attribuer 20% du budget total de 1000 milliards d’Euros à des actions relatives au changement climatique. Qu’un tel défi soit possible est du à l’engagement bien connu du Commissaire au changement climatique, Connie Hedegaard. En toute logique, elle a dû se battre avec ses collègues de la Commission pour obtenir une telle part du gâteau. Mais elle n’était pas seule, bénéficiant du soutien appuyé du Président de la Commission, Mr Barroso.

 

Cette proposition cherche à mettre le budget de l’UE au service de la stratégie ‘Europe 2020’, un instrument destiné à promouvoir la prospérité et la compétitivité de l’UE sur la scène internationale. Cette stratégie inclut les objectifs approuvés par l’UE en vue de combattre le changement climatique, le fameux objectif 20-20-20 (réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, accroître la part des énergies renouvelables de 20%, augmenter l’efficacité énergétique de 20%). Cet objectif est maintenant inclus dans une feuille de route en vue d’atteindre une économie à faible intensité en carbone à l’horizon 2050.

 

Pour le moment il n’y pas d’objectif chiffré pour le changement climatique, mais on estime que 5% de l’ensemble des activités de l’UE est en lien direct avec ce projet, ce qui témoigne de l’ampleur du changement proposé. Il est vrai que les initiatives adoptées à ce titre ne seront pas toutes neuves, beaucoup étant déjà prévues dans les chapitres tels que les Fonds de Cohésion et la Politique Agricole Commune. Toutefois, ces derniers font également partie d’une stratégie plus large en vue d’atteindre une économe plus durable.

 

L’un des problèmes les plus critiques dans la proposition de budget est la « Connecting Europe Facility ». Il s’agit d’un fonds visant à développer les infrastructures transnationales pour permettre une circulation stable de l’énergie obtenue à partir de ressources renouvelables. Des initiatives en provenance du secteur privé sont attendues pour compléter celles du secteur public et atteindre ainsi un niveau suffisant de financement, tout en gardant à l’esprit la très large échelle de l’infrastructure en question. Sont proposés 50 milliards d’Euros, dont 9.1 milliards pour les infrastructures transnationales, 31.7 milliards pour les infrastructures de transport, et 9.2 milliards pour les communications à large bande. Il s’agit d’un engagement fort en faveur d’une économie plus verte.

 

Une question importante qui reste à clarifier est la part de ce budget qui sera effectivement consacrée à la réduction de l’utilisation du carbone. Quelques analystes craignent que l’investissement puisse être orienté vers la construction de pipelines plutôt que vers le renforcement des capacités de transport des lignes électriques à haute tension qui feront appel à des ressources renouvelables et qui seront intégrées dans des projets de « réseaux intelligents ».

 

En tous les cas, les nouvelles règles du Fonds Européen de Développement Régional sont prometteuses puisqu’elles imposent aux Etats membres riches d’allouer 20% de leurs recettes à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables contre seulement 6% pour les Etats membres pauvres. C’est une bonne nouvelle pour les pays d’Europe centrale et orientale qui sont ainsi encouragés à moderniser leurs infrastructures énergétiques tout en réduisant leur empreinte carbone.

 

La technologie sera un des piliers de la nouvelle économie pauvre en carbone. L’un des objectifs de la stratégie ‘Europe 2020’ est d’atteindre un investissement de 3% du PIB dans la Recherche et le Développement. Cet objectif est capital pour préserver la compétitivité et le niveau de vie de l’UE. La recherche sur les énergies propres, les activités liées au climat, le développement et le déploiement de technologies peu carbonées et les autres questions qui y sont  liées seront couvertes par le plan SET (« Strategic Energy Technology » - Plan). Le futur budget propose de mettre 6.5 milliards d’Euros de côté pour les recherches dans le domaine de l’énergie non nucléaire.

 

Les discussions sur le futur budget vont se poursuivre jusqu’à aboutir à une proposition finale par la Commission fin 2012. Sans aucun doute la proposition actuelle subira encore de nombreuses modifications. Les Etats membres vont chercher à réduire le budget global, en limitant les politiques qui pourraient entraver leur propre activité économique. Le courage de la Commission doit toutefois être salué dans la mesure où celle-ci a cherché à mettre les différentes stratégies de l’UE développées ces dernières années en cohérence les unes avec les autres. Des stratégies qui aspirent à apporter une réponse logique aux défis que nous devrons relever, en se donnant les moyens de le faire. Sur ce point spécifique, la cohérence budgétaire de la Commission doit donc être saluée.

 

José Ignacio Garcia SJ


Version originale de l’article: anglais

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