Wednesday 28. October 2020
#148 - avril 2012

 

Une stratégie pour des retraites adéquates, sûres et viables

 

Le nombre de personnes de plus de 60 ans dans l’Union européenne connaît une augmentation annuelle d’environ 2 millions. La Commission européenne indique dans son livre blanc publié le 16 février dernier qu’ensemble, l’accroissement de la longévité et le départ à la retraite de la génération du baby-boom auront des conséquences économiques et budgétaires très importantes dans l’Union européenne.

 

Dans son livre blanc intitulé « Une stratégie pour des retraites adéquates, sûres et viables », la Commission a transmis aux États-membres ainsi qu’à l’UE une série de recommandations concernant la marche à suivre en matière de systèmes de retraite. Ce livre blanc, publié dans le cadre de l’Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations, se basent sur les résultats de la vaste consultation amorcée par le Livre vert en 2010.

L’organisation des systèmes de retraite relève essentiellement de la compétence des États-membres, et le présent livre blanc ne s’écarte pas de ce principe. La Commission propose plutôt d’adapter les instruments politiques de l’UE afin d’offrir un meilleur soutien aux efforts de réforme des retraites entrepris dans les États-membres. Au vu de l’évolution démographique et en partie à cause de la crise actuelle, les États-membres sont confrontés à la nécessité de mettre en place des systèmes de retraite financièrement viables, permettant aux personnes plus âgées d’avoir des revenus adéquats et leur assurant par conséquent un niveau de vie décent et une indépendance financière.

 

Relever l’âge ouvrant droit aux prestations de retraite

Afin de garantir la viabilité financière des systèmes de retraite, la Commission européenne accorde une importance capitale à l’adaptation de l’âge de la retraite pour tenir compte de l’augmentation de l’espérance de vie. Par ailleurs, elle est favorable à la suppression conditionnelle de l’accès à la retraite anticipée. Pour elle, l’état de santé des personnes proches de la retraite est un facteur déterminant en matière d’allongement de la durée de l’activité professionnelle. La Commission pense aussi que des systèmes de santé abordables (un domaine qui relève également des compétences des États-membres) sont également essentiels, au même titre que les investissements dans la prévention des maladies et la promotion du vieillissement actif et en bonne santé. En outre, elle considère qu’il est important de prendre des mesures visant à promouvoir la santé et la sécurité au travail, à fournir l’accès à l’apprentissage tout au long de la vie, à adapter les lieux de travail aux besoins des travailleurs plus âgés et à développer des formules souples de travail.

 

Néanmoins, dans de nombreuses professions, et particulièrement celles physiquement pénibles, le travailleur ne pourra pas continuer à exercer jusqu’à l’âge de la retraite l’activité pour laquelle il a été engagé au départ. Les petites et moyennes entreprises vont dès lors devoir faire preuve de créativité et d’innovation si elles veulent instaurer les nouvelles conditions de travail proposées ci-dessus. De plus, la Commission souhaite réduire les disparités de retraite entre les hommes et les femmes. Dans ce contexte, elle propose d’adopter une combinaison de politiques en matière de retraite et d’emploi. Une meilleure compatibilité entre vie privée et vie professionnelle devrait surtout permettre « d’élever des enfants ». Il faut d’ailleurs saluer la décision de la Commission qui reconnaît ainsi l’importance de cette compatibilité entre vie privée et vie professionnelle, et par conséquent le principe de temps libre synchronisé .

 

Modèle à plusieurs piliers

En ce qui concerne les différentes sources de financement des revenus de retraite, la Commission européenne continue de miser sur un modèle à plusieurs piliers, c’est-à-dire une combinaison alliant les revenus de retraite publique (premier pilier), les régimes de retraite professionnelle (deuxième pilier) et les systèmes de retraite privés (troisième pilier), et par conséquent sur les systèmes d’épargne-retraite complémentaires. À l’inverse, le Parlement européen s’était encore prononcé en faveur d’un renforcement du financement public des retraites dans sa résolution de février 2011 (N° 18). En effet, tout le monde n’a pas la chance de jouir d’un système de retraite professionnelle ou d’avoir tous les mois une certaine somme de son salaire à investir dans une épargne-retraite privée. Il serait dès lors judicieux de calculer le montant des retraites publiques de manière à fournir un revenu adéquat et décent.

 

En matière de système de retraite professionnelle, la Commission prévoit en 2012 de réviser la directive relative aux activités et à la surveillance des institutions de retraite professionnelle (IRP). Les activités transfrontières de ces institutions devraient notamment être facilitées et l’égalité de traitement par rapport à la directive Solvabilité II devrait être assurée. Mais ce dernier point fait déjà l’objet de sérieuses critiques de la part des Allemands, entre autres. En effet, le recours aux réglementations sur le capital propre pour les retraites professionnelles risquerait d’occasionner de fortes augmentations des coûts pour les IRP. De nombreuses personnes pensent qu’une telle décision sonnerait le glas des retraites professionnelles, qui sont librement garanties en Allemagne.

 

Anna Echterhoff

 

Version originale de l’article : allemand

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