Sunday 31. May 2020
#154 - novembre 2012

 

Comment mieux reconnaître en Europe l’apprentissage informel et non formel?

 

Au moins depuis que la notion de «formation tout au long de la vie» détermine la politique européenne d’éducation, les compétences et qualifications acquises également en dehors des systèmes éducatifs formels ont gagné en importance. Il existe déjà à l’échelle européenne plusieurs instruments qui vont dans ce sens: Europass, Youthpass et notamment le cadre européen des certifications (CEC).

 

Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, la Commission européenne avait présenté en 2010 sept initiatives phares en faveur de sa mise en œuvre, dont l’une d’entre elles est «Jeunesse en mouvement». La Commission y présentait une proposition de recommandation du Conseil sur la valorisation et la validation de l’acquis non formel et informel afin de répondre aux besoins du marché du travail en termes de nouvelles compétences clés et d’améliorer les perspectives professionnelles des jeunes. Il importe en outre de créer un meilleur accès à l’apprentissage et de favoriser l’obtention de qualifications par le biais d’opportunités d’apprentissage informel.

 

Après le report, à plusieurs reprises, de ce document, la Commission européenne a donc pu présenter, début septembre, sa proposition concernant la validation des acquis non formels et informels. Elle y invite instamment les États membres à donner à tous les citoyens de l’Union, d’ici 2015, l’occasion de faire valider leurs aptitudes acquises hors des systèmes formels d’enseignement. Pour ce faire, il est important de mettre en place des systèmes nationaux de validation de l’apprentissage non formel et informel qui permettront d’identifier, de documenter, d’évaluer et de certifier les résultats des apprentissages. Dans sa proposition, la Commission a non seulement – comme cela avait été initialement annoncé – pris en compte les jeunes en tant que groupe cible, mais en particulier les personnes menacées par le chômage. Tout d’abord, il convient d’observer qu’une proposition annoncée comme relevant de la politique de la jeunesse a évolué pour l’essentiel vers une initiative de politique de l’emploi. Si, dans «Jeunesse en mouvement», il était encore question de «valorisation, reconnaissance et validation de l’acquis non formel et informel», l’on s’en tient désormais à la validation, c’est-à-dire à la certification de compétences et de qualifications acquises dans des contextes ouverts en dehors de l’éducation formelle.

 

Cependant, une évaluation de la proposition de la Commission ne saurait relever que de la réponse à la question de la nécessité fondamentale de la reconnaissance et de la validation de l’acquis non formel et informel. Il existe également au sein des organisations et associations d’Eglise actives dans ces domaines des positions différentes, voire en partie divergentes. L’argument principal pour la reconnaissance de l’apprentissage non formel est habituellement sa pertinence à l’égard de la politique de l’emploi et son importance pour certains groupes cibles qui rencontrent des difficultés particulières pour accéder au marché du travail: les jeunes en décrochage scolaire sans qualification formelle ou les femmes qui, après une interruption de carrière prolongée, cherchent à nouveau un emploi et veulent à cette occasion faire valoir les compétences et qualifications acquises dans l’intervalle. Il est souvent avancé que la reconnaissance et la validation des apprentissages non formels et informels constitue pour certains groupes un moyen important d’améliorer leur employabilité.

 

En revanche, il est objecté, à l’encontre d’une reconnaissance de l’apprentissage non formel, que la mise en place d’un cadre formel est nécessaire. La standardisation et la formalisation excessive de l’apprentissage non formel sont à craindre et, partant, la perte de son caractère particulier qui, au premier chef, doit renforcer le développement et la satisfaction personnels. Contrairement à l’éducation formelle, l’éducation non formelle s’appuie sur le caractère volontaire des apprenants – comme conséquence d’une reconnaissance croissante, il est pour cette raison fait référence au danger d’un amoindrissement à long terme de ce caractère volontaire.

 

La mise en œuvre de la présente initiative incombe aux États membres. La question de la nature et de la portée de la validation de l’apprentissage non formel devra donc recevoir une réponse au niveau national. De même, la question de la valorisation de la formation non formelle ainsi que son rapport avec la politique de la jeunesse doivent trouver une réponse dans ce contexte – la proposition de la Commission laisse aux États membres le soin d’intervenir en sus des objectifs visés. Dans un premier temps, les ministres compétents se prononceront sur une décision concernant la proposition de la Commission dans le cadre de leur prochaine rencontre, fin novembre.

Christina Gerlach

European Office for Catholic Youth and Adult Education

 

Version originale de l’article: allemand

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