Saturday 28. March 2020
#161 - juin 2013

 

Une nouvelle politique européenne de la migration pour attirer les étudiants et les chercheurs étrangers

 

Une proposition de Directive cherche à accroître le nombre de talents internationaux susceptibles de résider dans l’Union européenne.


On se rend de plus en plus compte que l’Union européenne est en train de perdre sa compétitivité en ce qui concerne sa capacité à attirer les talents. La concurrence classique des Etats-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande ou de l’Australie n’a pas faibli et des puissances asiatiques telles que Singapour, la Chine ou l’Inde sont entrées en lice. Dans les 27 Etats membres, un peu plus de 10% des diplômés ne sont pas citoyens du pays où ils obtiennent leur diplôme. Par contre, en Australie et en Nouvelle-Zélande, les ressortissants étrangers représentent près d’un tiers de tous les diplômés. Le Royaume-Uni est une exception  au sein de l’espace européen de l’enseignement supérieur : la proportion de diplômés étrangers enregistrés y est de 22%.

 

Qu’est-ce qui motive le choix d’un pays ?

Les principales raisons de remporter cette course aux talents sont fort diverses. Dans une étude intitulée Regards sur l’éducation : 2010, l’OCDE indique qu’il existe de nombreux facteurs sous-jacents intervenant dans le choix d’un pays d’étude : la langue d’enseignement (facteur décisif) ; les droits de scolarité et le coût de la vie ; la politique d’immigration ; le prestige académique et la flexibilité de certaines institutions ou de programmes spécifiques ; l’insuffisance de l’offre de l’enseignement tertiaire ou des politiques restrictives d’admission à l’université dans le pays d’origine ; la reconnaissance ultérieure des qualifications ; les relations historiques, géographiques ou commerciales entre les pays concernés ; les perspectives professionnelles et les aspirations culturelles. Le racisme et les comportements xénophobes, voire même une réputation de violence, peuvent avoir un impact sur la décision d’éviter telle ou telle destination d’étude.

 

Migration et mobilité

La nouvelle proposition de Directive concernant les chercheurs et les étudiants vise à améliorer les conditions de migration pour ceux qui ont du talent, en particulier les étudiants et les chercheurs universitaires, afin qu’il leur soit plus facile de choisir tel ou tel pays de l’Union européenne parmi l’éventail de possibilités qui s’offrent à eux sur le marché mondial.

 

La Directive se soucie également de promouvoir la mobilité des étudiants et des chercheurs à l’intérieur de l’Union européenne ainsi que des membres de leur famille, pendant une période de six à douze mois.

 

Garanties procédurales et perspectives d’emploi

Les pratiques procédurales pour accorder la permission de résider dans des Etats membres de l’Union européenne sont très divergentes et parfois difficiles à négocier. Des garanties procédurales plus claires en ce qui concerne l’examen des demandes ont été adoptées dans la législation proposée, en fixant un délai de soixante jours pour que les autorités des Etats membres se prononcent sur une demande.

 

D’autre part, les étudiants obtiendront le droit de travailler pendant au moins vingt heures par semaine pendant leurs études, bien que ce droit puisse être restreint par les Etats membres en fonction de la situation de leur marché du travail. Même si un emploi à mi-temps peut aider les étudiants à satisfaire leurs besoins matériels, il n’est pas rare que cet emploi nuise à leurs études et qu’il ait un impact négatif sur leurs performances universitaires.

 

Les perspectives d’emploi pour les étudiants de deuxième cycle universitaire augmentent l’attrait de poursuivre leurs études dans tel ou tel pays. L’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande, par exemple, facilitent l’installation des étudiants étrangers qui ont étudié dans leurs universités en leur accordant des points supplémentaires dans leur dossier d’immigration. C’est pourquoi la proposition de Directive autorise les étudiants et les chercheurs à rester jusqu’à douze mois sous certaines conditions sur le territoire de l’Etat membre concerné afin d’identifier les opportunités d’emploi ou de créer une entreprise. Mais cette autorisation ne leur donne pas automatiquement le droit de travailler, car l’octroi d’un permis de travail reste une responsabilité nationale.

 

Des motifs de compétitivité et bien d’autres encore

La proposition de Directive permet aux ressortissants des pays tiers de contribuer à l’économie et à la compétitivité de l’Europe : en 2007/2008, les dépenses hors campus de plus de 200.000 étudiants internationaux se sont élevées à près de 2,7 milliards d’euros, rien qu’au Royaume-Uni.

 

Mais un élément qui n’est pas moins important, c’est que ces dispositions législatives encouragent l’enrichissement mutuel entre les différents acteurs et une meilleure familiarité entre les cultures. Les relations humaines et les échanges sont extrêmement bénéfiques pour les deux parties – Européens et non-Européens – et aident ainsi à créer des liens qui améliorent la coopération dans d’autres domaines et renforcent les relations paisibles entre les différents peuples et nations.

José Luis Bazán

COMECE

 

Version originale de l’article : anglais

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