Saturday 28. March 2020
#164 - octobre 2013

 

Créer des opportunités pour les jeunes

 

L’éducation et la formation ne jouent pas seulement un rôle essentiel dans le règlement de la crise en Europe mais également pour l’épanouissement personnel de chacun, telles sont les conclusions de la conférence sur la situation des jeunes en Europe.


Environ 350 jeunes de toute l’Europe ont répondu à l’invitation du secrétariat de la COMECE, de la Fondation Konrad Adenauer, de l’ONG Don Bosco International et du réseau Rete Juventutis, lequel était représenté par l’«European Office for Catholic Youth and Adult Education» («Europabüro für katholische Jugendarbeit und Erwachsenenbildung»). Ils ont discuté avec de hauts représentants du Parlement européen et de la Commission des questions urgentes que soulève la crise actuelle de l’emploi en Europe ainsi que des réponses pratiques et politiques qui peuvent leur être apportées dans une perspective chrétienne.

 

Le premier débat, qui a porté sur les aspects liés à la politique de l’emploi, a démarré par un exposé dynamique de Mgr Omella, l’évêque diocésain de Calahorra y La Calzada-Logroño, qui a esquissé les causes du taux de chômage actuellement élevé des jeunes en Espagne. Pour Mgr Juan José Omella, l’une de ses causes principales réside dans le modèle économique dominant qui s’appuie exclusivement sur un système fondé sur la seule loi du marché, lequel est à l’affût de la seule maximisation du gain et préfère les approches à court terme aux approches à long terme. En raison du nombre élevé de jeunes sans emploi et de la préoccupation de toute une génération concernant son avenir, la question de la lutte contre le chômage des jeunes a naturellement été au cœur des débats.

 

Les jeunes Européens placent beaucoup d‘espoir dans les mesures de l’UE

Les jeunes Européens attendent beaucoup des mesures prises récemment à l’échelle de l’UE, de la Garantie pour la jeunesse en particulier. Cette action vise à ce que tous les jeunes âgés de moins de 25 ans se voient proposer une offre d’emploi, de formation, ou de stage ou bien un complément de formation dans un délai de quatre mois après leur sortie de l’enseignement formelle ou la perte de leur emploi.

 

Toutefois, la Garantie pour la jeunesse n’a qu’une valeur de simple recommandation; il ne s’agit pas d’une nouvelle réglementation européenne, de sorte que l’Union ne peut imposer sa mise en œuvre. Selon Jean Mossoux, qui représentait l’Union internationale chrétienne des dirigeants d’entreprises (UNIAPAC), la conciliation des intérêts de l’individu dans son choix professionnel et des exigences du marché du travail constitue un défi majeur. Les participants à la conférence se sont également félicités de l’Alliance pour l'apprentissage. Son objectif est d’améliorer la qualité de la formation professionnelle et l’offre d’apprentissage dans l’UE, en assurant un vaste partenariat entre les principaux acteurs du monde du travail et le système éducatif. À cet égard, les systèmes de formation en alternance appliqués avec succès dans quelques États membres de l’UE devront servir de modèle. Il convient de se réjouir qu’avec l’Alliance pour l‘apprentissage l’Union européenne reconnaît qu’il faille encourager le développement des talents de tout un chacun. L’évêque Omella a appelé à ce que «nous prenions en Europe de plus en plus fait et cause pour la formation professionnelle des jeunes, sans toutefois négliger la formation académique».

 

Supprimer les obstacles à la mobilité

Sarah Prenger, la coordinatrice du réseau de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), a élargi le débat sur les conséquences personnelles de la crise actuelle de l’emploi en Europe et décrit l’énorme pression qui pèse sur les jeunes durant leur formation universitaire et/ou professionnelle; elle a également expliqué les répercussions de l’augmentation des conditions de travail atypiques (contrats à durée déterminée, travail intérimaire, etc.) sur la planification individuelle de l’existence et l’organisation de la vie privée.

 

Elle a ajouté qu’à cet égard la nécessité croissante de faire preuve de souplesse et de mobilité tant au niveau national qu’au niveau européen représente un gros défi. De même, l’augmentation des emplois précaires chez les jeunes est préoccupante. Detlef Eckert, de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion, a souligné que, de la part de la Commission européenne, tout doit être mis en œuvre pour supprimer les obstacles à la mobilité qui subsistent encore. Le recours à la libre circulation des travailleurs ne devrait en fin de compte constituer aucun obstacle.

 

L’apprentissage non formel en tant que processus d’émancipation librement choisie

Dans le domaine du travail de formation non formelle avec et pour les jeunes, en particulier les Églises et leurs organisations apportent une contribution importante: dans le cadre de la pastorale des jeunes, du travail social auprès des jeunes, du travail des associations de jeunes ou dans beaucoup d’académies catholiques qui, avec leurs offres de formation, accompagnent les jeunes sur de nombreux points.

 

Lors du deuxième débat, la discussion a essentiellement porté sur la manière dont les jeunes peuvent être accompagnés et soutenus dans l’organisation de leur situation existentielle. Il a surtout été question ici du rôle de l’éducation non formelle qui propose aux jeunes se trouvant en dehors du système éducatif formel des espaces où ils peuvent expérimenter de nouvelles voies et s’épanouir. «Cette forme d’éducation en tant que "processus d’émancipation librement choisie" est fondatrice d’une participation et d’un engagement des citoyens au profit de notre société et de notre Europe.» a déclaré Lisi Maier, de la Fédération de la jeunesse catholique allemande (BDKJ).

 

Eu égard à l’augmentation de la mobilité, Lothar Harles, de la «Arbeitsgemeinschaft katholisch-sozialer Bildungswerke (AKSB)», a souligné l’énorme importance du travail international des jeunes dans l’acquisition de compétences interculturelles. Le Père Giovanni D´Andrea, des Salésiens de Don Bosco (SDB), a fait état de ses longues années d’expérience du travail avec les jeunes et a insisté sur la nécessité de s’engager précisément en faveur des jeunes qui sont sortis du système. Pascal Lejeune, de la DG Éducation, jeunesse et culture, de la Commission de l’UE, a souligné combien il est important d’associer les jeunes à tous les niveaux. La Commission européenne a donc soutenu de nombreuses initiatives, telles que le dialogue structuré, qui garantissent l’implication du plus grand nombre de participants possible.

 

La conférence a mis en évidence le rôle que l’éducation et la formation peuvent jouer dans la lutte contre la crise en Europe et à quel point elles sont importantes pour le développement personnel des individus. Bon nombre des initiatives d’enseignement et de formation proposées officiellement en vue d’élargir les perspectives professionnelles peuvent contribuer efficacement à surmonter la crise économique en Europe. Parallèlement, les initiatives orientées vers l’éducation non formelle, telles que le travail des jeunes, peuvent quant à elles apporter une contribution importante non seulement en atténuant les conséquences sociales de la crise, mais aussi en garantissant sur le long terme la stabilité de la société et de la démocratie, dans la mesure où elles permettent à des jeunes de devenir des personnalités autonomes et des citoyens engagés.

 

Christina Gerlach, European Office for Catholic Youth and Adult Education

Mattia Tosato, Don Bosco International

Anna Echterhoff, COMECE

 

Version originale de l’article : allemand

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