Thursday 29. October 2020
#164 - octobre 2013

 

Le G20 et la viabilité énergétique

 

Pendant toute la durée de la Présidence russe du G20, la viabilité énergétique fera partie des priorités à l'ordre du jour dans le souci de lancer une dynamique de développement durable au niveau mondial.


Malgré l'acrimonie qui régnait lors du Sommet du Groupe des Vingt (G20) à Saint-Pétersbourg en raison de l'escalade de la situation en Syrie et de la possibilité d'une intervention militaire, le G20, qui constitue un important instrument de collaboration pour l'Union européenne en matière de politique énergétique mondiale - l'Union étant elle-même représentée par le Président du Conseil et par la Banque Centrale européenne -, continue de progresser dans le domaine de la viabilité énergétique.

 

Sous la Présidence russe, ce sujet a été placé parmi les priorités à l'ordre du jour du G20, car la Russie considère que le secteur de l'énergie est un “moteur de croissance crucial”, tant pour les membres du G20 que pour l'ensemble de l'économie mondiale, en vue de lancer une dynamique de développement durable dans le monde. Selon le sherpa russe Ksenia Yudaeva, l'efficacité du marché énergétique est une question d'une importance critique pour la Présidence russe, comme elle l'était déjà en 2008 lorsque le G20 a été mis sur pied.

 

Pendant toute la durée de la Présidence russe, le Groupe de travail sur la viabilité énergétique (ESWG), composé d'experts des pays membres du G20 et de représentants de certaines organisations internationales, s'est vu confier la tâche de mener les actions nécessaires pour atteindre quatre grands objectifs :

 

1) Rendre les marchés de l'énergie et des matières premières transparents et plus prévisibles ; 2) Promouvoir l'efficacité énergétique et une croissance verte ; 3) Proposer une bonne régulation pour les infrastructures énergétiques ; et 4) Assurer la protection mondiale de l'environnement marin.

 

Désireux d'accomplir des progrès tangibles, le Groupe de travail a le mandat explicite d'arriver aux résultats suivants d'ici la fin 2013 :

 

- un rapport des ministres des finances sur l'état d'avancement de la contribution du G20 à l'amélioration de la transparence et du fonctionnement des marchés internationaux de l'énergie et des matières premières ; 
- des recommandations relatives à l'établissement d'un cadre de prévision de la volatilité des marchés des matières premières ; 
- un projet de formulation de principes concernant la régulation efficace des marchés énergétiques en vue de stimuler les investissements dans le domaine des infrastructures et d'intégrer dans les politiques structurelles les priorités en matière de croissance verte et de développement durable ; 
- des recommandations sur le processus d'examen collégial  volontaire se rapportant aux subventions accordées en faveur des combustibles fossiles ; 
- un rapport relatif à l'état d'avancement de l'Initiative commune sur les données pétrolières (JODI) et un aperçu initial du lancement de l'Initiative JODI pour le gaz ;  
- un projet de plan concernant l'établissement d'une base de données sur les meilleures pratiques en matière de politiques sur l'énergie verte et l'efficacité énergétique et de méthodes de gestion utilisées par les membres du G20 ;  
- la mise en place d'un site web pleinement opérationnel se rapportant à l'Initiative pour la protection mondiale de l'environnement marin (GMEP), site qui serait un outil de mise en œuvre de cette Initiative.

 

Le Groupe de travail s'est réuni jusqu'ici à deux reprises : une réunion en février dernier et une en juillet. La première réunion a exploré les modes appropriés de facilitation et de coordination des interactions entre les pays membres du G20, les organisations participantes et le Groupe de travail. La deuxième réunion a cherché à énumérer et à résumer les résultats des activités entreprises dans l'intervalle avant de finaliser les clauses à inclure dans le communiqué des dirigeants du G20.

 

En juin, une Table-ronde des autorités de régulation de l'énergie a été organisée à Kazan, en Russie pour faire avancer les travaux du Groupe. Il en est résulté une déclaration commune exposant leurs perspectives conjointes en matière de "Bonne régulation et promotion de l'investissement dans les infrastructures énergétiques dans le secteur électrique en vue d'arriver à un consensus international viable autour de l'énergie". En outre, en juillet dernier, dans le cadre de la préparation au Sommet des dirigeants du G20, une conférence du G20 sur les marchés de l'énergie et des matières premières a travaillé sur le thème : "Energie durable : mise au point d'une politique pour le G20". Au cours de cette conférence, des experts ont donné leur avis sur les futures perspectives concernant la viabilité des marchés de l'énergie et des matières premières ; en outre, les activités de communication des données soutenues par le G20 ont fait l'objet d'une mûre réflexion.

 

Les clauses publiées dans la Déclaration des dirigeants du G20 en ce qui concerne la viabilité énergétique (sections 90 – 102) à l'issue du Sommet n'offrent guère de surprises, même si les groupes d'intérêt sont satisfaits de la mention de "l'accès à l'énergie" "à un coût abordable" dans la toute première clause (90) ainsi que de la mention explicite de l'éradication de la pauvreté et de l'insertion sociale.

 

L'Union européenne joue un rôle de leader au niveau mondial dans le domaine de la viabilité énergétique, avec la publication par la Commission au début de cette année d'un document ambitieux définissant un "Cadre pour les politiques en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030".  En association avec les avancées que l'Union européenne a déjà réalisées, la Commission a également annoncé le lancement d'une initiative intitulée "De l'énergie pour doper le développement", qui se rattache à l'engagement qu'elle a pris dans le cadre de l'initiative "Energie durable pour tous". L'initiative de la Commission "permettra de fournir aux pays en développement le soutien dont ils ont besoin en vue de les aider à donner à tous l'accès à une énergie durable". Il est donc peut-être étonnant qu'en dehors de l'affirmation selon laquelle les objectifs de l'Union européenne pour ce Sommet ont été "largement atteints", la déclaration commune faite par José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et par Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, omette toute référence aux progrès se rapportant à l'énergie. Cette déclaration a été l'occasion de souligner de nouveau l'importance de l'accès à l'énergie, à un coût abordable.

 

Un élément clé pour que la Présidence russe réalise son ambition de lancer une dynamique de développement durable dans le monde en se concentrant sur la viabilité énergétique sera de veiller à ce que les ministres des finances et les gouverneurs de la Banque Centrale soutiennent la mise en œuvre des recommandations du Groupe de travail lorsqu'ils se réuniront à Washington en octobre.

 

Stephen N. Rooney

JESC

 

Version originale de l’article : anglais

Teilen |
europeinfos

Published in English, French, German
COMECE, 19 square de Meeûs, B-1050 Brussels
Tel: +32/2/235 05 10
e-mail: europeinfos@comece.eu

Editors-in-Chief: Martin Maier SJ

Note: The views expressed in europeinfos are those of the authors and do not necessarily represent the position of the Jesuit European Office and COMECE.
Display:
http://europe-infos.eu/