Monday 6. April 2020
#165 - novembre

 

Les éléments scientifiques du changement climatique

 

Le rapport le plus récent du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) confirme ses conclusions précédentes, ajoutant ainsi des preuves à l'appui de l'hypothèse selon laquelle l'activité humaine est la cause principale du réchauffement climatique observé au niveau mondial.


L'existence du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) représente un effort majeur de la communauté scientifique pour fournir des preuves aux décideurs et au grand public au sujet des mécanismes et des effets du changement climatique. Cette fois, 259 auteurs venant de 39 pays différents ont travaillé bénévolement, conformément aux pratiques habituelles du GIEC, pour élaborer un document intitulé Changements climatiques 2013 : Les éléments scientifiques, qui constitue la première partie du Cinquième Rapport d'évaluation du GIEC. Les principales conclusions figurent dans le Résumé à l'intention des décideurs.

 

On pourrait dire que le rapport ne contient rien de radicalement nouveau. Il confirme les précédents rapports du GIEC tout en rajoutant bien plus de preuves. Le GIEC n'effectue pas d'études lui-même. Il s'agit d'un travail de collaboration auquel participent des centaines de scientifiques, qui passent en revue les études pertinentes de ces dernières années, puis réalisent leur propre évaluation d'ensemble. La principale différence entre ce nouveau rapport et le document intitulé Changements climatiques 2007 : rapport de synthèse (Quatrième rapport d'évaluation du GIEC) découle de l'énorme volume d'analyses effectuées au cours de cette dernière période, lorsque des centaines d'universités et de centres de recherche se sont focalisés sur le changement climatique et les questions qui s'y rapportent.

Ce qui suit est un résumé sélectif des conclusions du rapport.

 

On considère aujourd'hui, de façon encore plus certaine qu'auparavant (avec une probabilité de plus de 95%), que l'activité humaine est la cause principale du réchauffement climatique, observé au niveau mondial depuis le milieu du 20ème siècle. Les variations naturelles ainsi que des facteurs naturels comme l'activité propre au soleil n'ont pratiquement pas contribué au réchauffement depuis 1950. Et pourtant, ces 30 dernières années ont probablement été les plus chaudes depuis au moins 1.400 ans.

 

Les prévisions au sujet du futur réchauffement jusqu'en 2100 – en recourant à des scénarios d'émissions comparables – n'ont guère été modifiées par rapport à celles du rapport précédent : dans le cas du scénario aux émissions les plus élevées, la meilleure estimation du réchauffement mondial d'ici 2100 demeure 4 degrés Celsius. La hausse du niveau des mers et des océans est déjà plus rapide qu'au cours des deux millénaires précédents et cette hausse va continuer à s'accélérer, quel que soit le scénario d'émissions. La hausse qui est maintenant projetée pour 2100 se situe entre 28 et 98 cm, alors qu'on prévoyait en 2007 qu'elle se situerait entre 18 et 59 cm.

 

Le GIEC s'attend à ce que les zones sèches deviennent plus sèches en raison du réchauffement climatique et à ce que les zones humides deviennent encore plus humides. Les épisodes de précipitations extrêmes semblent déjà augmenter en Amérique du nord et en Europe : il est très probable que leur intensité va encore s'accroître sous la plupart des latitudes tropicales et tempérées.

 

Les scientifiques nous fournissent les meilleures informations qu'ils peuvent trouver. Mais il est temps que les différentes parties prenantes (Etats, entreprises, ONG et société civile) élaborent leurs propres réponses et perspectives car les prévisions qui sont faites présentent de nombreux défis à la société. La diplomatie internationale et les institutions correspondantes paraissent en mauvaise posture : le Sommet de Copenhague et le renouvellement du Protocole de Kyoto n’en sont que les échecs les plus visibles. La crise financière domine l'actualité et lors des sondages d’opinion, les problèmes environnementaux sont considérés comme des préoccupations non urgentes.

 

Dans le rapport du GIEC, l’impact du réchauffement climatique mondial sur l’Europe n’est pas décrit en détail, étant donné qu’il y aura d’autres rapports en matière d’adaptation et d’atténuation. Ce qui est clair, c’est la sécheresse croissante de la zone méditerranéenne. La fréquence des vagues de chaleur a augmenté dans de nombreuses régions d’Europe. Et pourtant, on peut affirmer par ailleurs avec assurance que les inondations (dans le nord et le centre de l’Europe) au cours du 20ème siècle et depuis lors sont plus importantes et plus catastrophiques que celles des cinq siècles précédents.

 

Nous pouvons en tout cas mentionner deux conséquences. La première, c'est qu'il y aura une augmentation du nombre de personnes forcées d’émigrer en raison de la dureté de l’impact du changement climatique, car les sécheresses et les tempêtes tropicales vont déplacer des millions de personnes et l’Europe sera une destination spécifique. La deuxième conséquence, c'est la menace qui pèse sur la compétitivité de l’Europe : les prix de l’énergie vont augmenter, soit en cas de mise en œuvre des mécanismes de capture du carbone, soit en cas de passage décisif aux sources d’énergies renouvelables.

 

A ce stade, il est d’une importance cruciale que nous focalisions notre attention et nos interventions sur ce qu’indique le Cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, en particulier lorsque ses indications vont plus loin que les données strictement scientifiques. Tout d’abord, l’impact de l’activité humaine est un élément crucial dans notre situation actuelle, si bien qu'il est impératif d'opérer des changements en ce qui concerne le mode de vie et l’engagement de la société civile ; et deuxièmement, la tâche à effectuer le plus en profondeur sera un travail "d’adaptation". Comme le montre le rapport, nous sommes confrontés à des changements de circonstances très importants : s’adapter à des conditions nouvelles et plus précaires va mettre à rude épreuve les capacités des personnes comme des communautés.

 

 

Jose Ignacio Garcia SJ

JESC

 

Version originale de l’article : anglais

 

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