Monday 6. April 2020
#167 - janvier 2014

 

Erasmus+: un nouveau soutien à la mobilité étudiante en Europe

 

Riche de plus de moyens, le nouveau programme de l’UE doit constituer un instrument majeur de la lutte contre le chômage des jeunes. Il offre en outre d’autres possibilités.


Depuis sa création en 1987, près de trois millions de jeunes Européens ont tiré parti du programme d’échanges de l‘Union européenne « Erasmus ». Toutefois la diminution progressive des ressources financières a engendré au cours des derniers mois un débat sur l’avenir de ce programme et amené à prendre diverses initiatives en vue de sa poursuite. Celles-ci se sont en fin de compte révélées positives dans la mesure où tant le Parlement européen que le Conseil ont consenti, fin novembre et début décembre 2013, à une réforme du programme de mobilité européen, qui s’accompagne d’une augmentation de 40 % du budget général pour les sept prochaines années et d’une extension de son champ d’application.

 

Le nouveau programme Erasmus+ démarrera donc le 1er janvier 2014 et intègrera l’ensemble des programmes de formation et formation continue existants (Comenius, Erasmus, Erasmus Mundus, Leonardo da Vinci, Grundtvig, Éducation et formation tout au long de la vie et Jeunesse en action), dont on peut espérer une simplification des conditions d’accès et de candidature.

 

En plus de la promotion de séjours d’études à l’étranger de courte durée, qui constitue l’axe principal du programme, Erasmus+ vise également à appuyer la formation professionnelle ainsi que les stages et les activités des jeunes dans le cadre du bénévolat. En outre, des partenariats entre établissements d’enseignement et entreprises privées devront se nouer à travers des «alliances de la connaissance et des alliances sectorielles pour les compétences», afin de permettre aux jeunes d’aborder concrètement le milieu professionnel. Les enseignants, formateurs et animateurs de jeunesse auront aussi la possibilité d’effectuer un séjour d’enseignement ou un stage de formation à l’étranger.

 

Pour la première fois, une part du budget est aussi attribuée au développement de projets transnationaux dans le domaine du sport. Autre nouveauté, Erasmus+ met en place un mécanisme de garantie pour les étudiants en master qui leur permettra d’obtenir des prêts à des conditions favorables pour financer la totalité de leurs études à l’étranger.

 

D’après les données de la Commission européenne, le nouveau programme devrait toucher au total, au cours des années 2014-2020, plus de quatre millions de jeunes âgés de 13 à 30 ans.

 

Pourquoi doit-on promouvoir les programmes en faveur de la mobilité?

Que l’Union européenne soit disposée, malgré une diminution globale du budget de l’Union, à investir près de 15 milliards d’euros dans la formation des jeunes s’explique, conformément à la proposition de la Commission, essentiellement dans l’optique d’Europe 2020, la stratégie de croissance sur dix ans de l’Union.

 

En effet, Erasmus+ a notamment été signalée comme une mesure destinée à lutter contre le chômage des jeunes, qui frappe aujourd’hui six millions de personnes, et à renforcer la compétitivité de l’Europe. Ce programme doit également permettre de compenser le déséquilibre entre l’offre et la demande en qualifications.

 

En plus de ces aspects économiques et axés sur la croissance, il conviendrait cependant de ne pas omettre non plus la dimension sociale et humaine des programmes en faveur de la mobilité. Comme l’a souligné la députée au Parlement européen, Anna Záborská (groupe PPE), des programmes comme Erasmus+ «permettent à toute une génération de jeunes de découvrir l’Europe de très près, de se familiariser avec elle et de découvrir ce qui nous uni en Europe».

 

Les programmes de mobilité offrent aux jeunes la possibilité d’un contact authentique avec d’autres cultures. Ils procurent une interconnexion directe entre les jeunes Européens et contribuent à mettre fin aux préjugés. En invitant à penser et à agir par delà les frontières, de tels programmes ont aussi le potentiel de renforcer la citoyenneté active de l’Union ainsi que l’intégration européenne.

 

L’Église perçoit en outre l’importance du rôle que jouent les programmes d‘échanges dans le développement personnel et l’enrichissement de chacun. Les jeunes sont «plus que de simples cerveaux qu’il faut remplir de sciences modernes», souligne à cet égard le Révérend Chanoine Charles de Hemptinne dans son rapport sur la situation des étudiants étrangers dans le monde.

 

Favoriser le développement de programmes tels qu’Erasmus+, qui ont pour objectif la mobilité des jeunes, vient certainement à point nommé. Dans la manière de les mettre en œuvre, il est néanmoins nécessaire de ne pas seulement se concentrer sur les motivations économiques, mais aussi de ne pas perdre de vue la dimension culturelle, sociale et humaine, afin qu’il soit donné aux jeunes la possibilité d’élaborer un vrai sens de la responsabilité vis-à-vis de leur propre avenir, de leur famille, de leur pays et, bien entendu, de l’Europe.

 

Marek Mišák

COMECE

 

Version originale de l’article : allemand

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