Wednesday 28. October 2020
#168 - février 2014

 

Éradiquer la pauvreté en 2030 ?

 

C’est l’objectif premier du programme de développement post-2015. Dans un an, celui-ci succèdera aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies afin de mener à bien la lutte contre la pauvreté.


Dès l’année dernière, des commissions d’experts et consultations ont déjà permis formuler à de nombreuses reprises des propositions pour un nouveau programme mondial. La tâche pour 2014 consiste désormais à regrouper dans une approche cohérente ces négociations parallèles.

 

En septembre à New York, [le plupart des] [les] chefs d’État et de gouvernement, ministres et représentants d’organisations internationales ont dressé un bilan on ne peut plus positif: même si certains objectifs du millénaire pour le développement ne seront probablement pas atteints, les délégués ont, lors de l’événement spécial de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée à la réalisation des OMD , mis l’accent sur le pas en avant que les pays en développement ont accompli grâce au programme. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait référence à un passage de son rapport, dans lequel il est dit que la proportion de personnes obligées de vivre avec moins de 1,25 dollars par jour avait radicalement baissé, passant de 47 % en 1990 à 22 % en 2010. L’objectif, qui était de réduire de moitié l’extrême pauvreté avant 2015, aurait donc déjà été atteint. Par ailleurs, le nombre de personnes souffrant de la faim a, parmi d’autres réalisations, pu également être presque réduit de moitié par rapport à 1990.

 

Il n’empêche que quelques objectifs restent bien en deçà des attentes: par exemple, le projet de permettre à chaque enfant en 2015 de bénéficier d’une instruction primaire ne sera selon toute vraisemblance pas atteint, tout comme la préoccupation consistant à promouvoir la durabilité de l’environnement. De fait, les émissions mondiales de dioxyde de carbone continuent de s’accroître, tandis que les forêts tropicales sont déboisées. De plus, l’inégalité entre les revenus dans de nombreux pays a, le temps aidant, considérablement augmenté.

 

Face à ces problèmes persistants, les Nations unies préparent d’ores et déjà un nouveau Programme de développement pour l’après-2015, qui sera signé l’année prochaine lors d’un sommet réunion des chefs d’État et de gouvernement. Dans le même temps, en juin 2012, la Conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20) a mis en place un Groupe de travail qui doit concevoir un programme de développement durable avec des objectifs de développement durable (ODD) concrets. Ainsi existe-t-il encore actuellement deux processus de négociation qui se déroulent en parallèle. Cependant, selon le souhait d’une majorité de pays, ils déboucheront sur un programme commun. Par conséquent, le nouveau catalogue d’objectifs n’est pas qu’un programme de suivi des OMD. En mettant l’accent sur le développement durable et l’élimination de l’extrême pauvreté, le nouveau programme mettra en face de leurs responsabilités non seulement les pays en développement – comme le programme actuel - mais aussi tous les États.

 

Diverses instances ont montré l’année dernière à quoi pourrait ressembler un programme mondial. Des politiciens de haut rang et des experts du Groupe de personnalités de haut niveau des Nations unies, des universitaires du Réseau des solutions pour le développement durable et des représentants du secteur privé du programme UN Global Compact ont démontré dans leurs rapports finaux qu’un programme d’action complet axé sur quelques objectifs est réalisable. Notamment leur proposition d’associer de grands objectifs mondiaux  à des sous-objectifs par pays a recueilli une large adhésion. En outre, des consultations nationales et thématiques au niveau global se sont tenues en 2013 pour qu’un large public soit associé aux travaux.

 

L’année [nouvelle] 2014 constitue en ce moment pour les acteurs privés et de la société civile l’ultime possibilité de prendre part à ce processus. Comme décidé lors de la session extraordinaire (Special Event) de septembre, les négociations intergouvernementales débuteront l’année prochaine. Auparavant, le groupe de travail ouvert sur les ODD se réunira ce mois à l’occasion de sa huitième et dernière rencontre (3 au 7 février 2014). Après des thèmes tels que le changement climatique et l’approvisionnement énergétique, les diplomates réunis en assemblée se pencheront cette fois sur les questions relatives à la biodiversité, l’inégalité et la gouvernance. Comme c’était déjà le cas lors de sa précédente rencontre, le groupe de travail sollicitera l’opinion de membres de la communauté scientifique et de représentants d’organisations non gouvernementales et des entreprises.

 

Outre cela, un comité d’experts discute depuis août 2013 le financement du développement durable. Il se réunira encore trois fois cette année afin de définir des stratégies de financement du développement durable.

 

Trois événements de haut niveau et trois débats thématiques que le président de l’Assemblée générale des Nations unies, John W. Asche, organise à partir de février, offriront une troisième possibilité d’échanges sur le programme post-2015.  A partir de février, les représentants des gouvernements aborderont lors de tables rondes mensuelles des thèmes tels que la coopération Sud-Sud ou le rôle des droits de l’homme dans le cadre du nouveau programme afin d’encourager les débats au niveau national.

 

Tous les rapports doivent être présentés d’ici à fin septembre et regroupés à la fin de l’année par le secrétaire général des Nations unies en un seul rapport. Ce document servira ainsi de base aux négociations intergouvernementales et au sommet de septembre 2015. Une fois les objectifs sont formulés, la phase de mise en œuvre commencera. Seule celle-ci indiquera combien les gouvernements vont y investir afin de réaliser des objectifs ambitieux.

 

Markus Vennewald

Master International Development de Sciences Po Paris

 

Version originale de l’article :  allemand

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