Monday 6. April 2020
#172 - juin 2014

 

Le nouveau programme d’observation de la Terre «Copernicus»

 

Depuis début avril, Sentinelle 1A, le premier d’une série de satellites Copernicus, est placé en orbite autour de la Terre d’où il rend possible une observation à grande échelle de l’état de l’environnement. Il constitue une partie du nouveau programme phare européen «Copernicus».


Le 21 Juillet 1969 (TUC), près de 600 millions de téléspectateurs à travers le monde ont assisté à la retransmission en direct de l’alunissage d’Apollo 11. Aujourd’hui, les vols habités dans l’espace, les systèmes spatiaux et les technologies aérospatiales, telles que le domaine des télécommunications, de la télévision ou des prévisions météorologiques font partie intégrante de notre quotidien. Par conséquent, le lancement d’un nouveau satellite – comme celui de l’Agence spatiale européenne (ESA) Sentinelle 1A, lancé dans la nuit du 3 au 4 avril depuis la base spatiale européenne de Kourou (Guyane française) – a trouvé peu d’écho auprès du public.

 

Un programme de 4,3 milliards d’euros

Après accord dans le cadre du trilogue en décembre dernier, le Parlement européen ainsi que le Conseil de l'Union européenne ont, respectivement les 12 et 24 mars, adopté le règlement relatif au déploiement du programme d’observation de la Terre par satellite Copernicus. Celui-ci prolonge sous un nouveau nom le programme «Surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité (GMES)» dans le contexte du cadre financier pluriannuel pour les années 2014-2020.

 

À l’instar de l’astronome Nicolas Copernic né à Toruń en Pologne qui, au XVIe siècle, a permis de mieux comprendre l’univers, le programme qui porte son nom doit fournir une meilleure compréhension des évolutions de notre planète. Les connaissances ainsi obtenues formeront par la suite la base de mesures concrètes visant à améliorer la qualité de vie des citoyens de l’Union. Le programme Copernicus est doté d’un budget de près de 4,3 milliards d’euros. Il semble que les différends au sein du Conseil ont porté jusqu’au bout sur la répartition des compétences entre la Commission d’une part et l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Organisation européenne pour l’exploitation de satellites météorologiques (EUMETSAT) d’autre part lors de l’attribution du marché.

 

Diffusion d’informations concernant l’environnement

Copernicus doit offrir à l’Europe un accès continu, indépendant et fiable aux données et aux informations tirées de l’observation de la Terre. Le programme est constitué des composantes suivantes: la composante «services» pour la diffusion des informations dans ces domaines: surveillance de l’atmosphère, surveillance du milieu marin, surveillance des terres, changement climatique, situations d’urgence, gestion des crises et sécurité. La composante In Situ regroupe tous les systèmes d’observation qui ne sont pas exploités dans l’espace. Le programme prévoit ici d’assurer un accès coordonné aux observations à partir d’installations aériennes, maritimes et terrestres. Le programme est constitué enfin d’une composante spatiale assurant la disponibilité dans la durée des observations par satellite.

 

Les deux satellites Sentinelle 1 (A et B) doivent être classés dans cette composante comme les premières des six missions que comporte la série des satellites Sentinelle. Le satellite Sentinelle 1A lancé récemment avec succès assure désormais une observation de l’environnement à grande échelle. Il est préprogrammé de façon à obtenir une imagerie haute résolution des masses continentales, zones côtières et voies navigables de toutes les mers du globe. De cette manière, il surveille par exemple les champs de glace maritimes, l’environnement arctique et le milieu marin, assure une cartographie précise des surfaces terrestres (forêts, cours d’eau, sols et agriculture durable) ou soutient la gestion des catastrophes.

 

Les utilisateurs du programme Copernicus

Les principaux bénéficiaires du programme Copernicus sont les institutions et organes de l’Union ainsi que les autorités européennes, nationales, régionales ou locales chargées de la définition, de la mise en œuvre, de l’application ou du contrôle de services ou de politiques publiques (comme, par exemple, la surveillance de l’atmosphère, du milieu marin et des terres, le changement climatique ou encore la protection civile). Le monde de la recherche, c’est-à-dire les universités ou autres établissements de recherche et d’enseignement, les associations caritatives, les organisations non gouvernementales ainsi que les organisations internationales, sans oublier les utilisateurs professionnels et privés comptent parmi les autres bénéficiaires du programme Copernicus.

 

En 2012, le Réseau des régions européennes utilisant des technologies spatiales (NEREUS) a publié, conjointement avec l’ESA, un rapport intitulé «The Growing Use of GMES Across Europe’s Regions» (Le recours croissant au programme GMES à travers les régions européennes). Les utilisateurs finaux régionaux, instituts de recherche et fournisseurs industriels y représentent le potentiel d’innovation et la perspective de bénéfices tant économiques que sociaux.

 

Dans la région espagnole d’Andalousie, le recours à des données obtenues par télédétection hyperspectrale a notamment permis d’améliorer la délimitation et la caractérisation des herbiers sous-marins. Les prairies sous-marines forment un écosystème côtier nécessaire. Une combinaison des images issues des satellites Sentinelle 2 et 3 couverts par le programme Copernicus devrait aboutir à une meilleure analyse environnementale des régions côtières immergées. L’état des herbiers sous-marins constitue un point de référence.

 

En ce qui concerne les entreprises de l’UE, on espère que Copernicus les aide à créer de nouveaux emplois et, à travers les services de production et de diffusion de données environnementales et par le biais de l’industrie spatiale elle-même, à créer de nouvelles entreprises. La Commission compte ainsi des activités économiques très variées, telles que le secteur des transports, les assurances ou même l’agriculture, parmi les bénéficiaires (indirects) des données tirées de l’observation détaillée et fiable de l’observation de la Terre.

 

Encadrement politique et juridique

Le programme Copernicus s’inscrit dans la politique spatiale européenne. Pour la première fois, le traité de Lisbonne dote l’Union européenne d’une compétence dans ce domaine politique. Il s’agit toutefois d’un domaine dit de compétence partagée (article 4, paragraphe 3, TFUE). Cela signifie qu’une action de l’UE dans ce domaine ne s’oppose pas à une action des États membres.

 

L’action éventuelle de l’UE est concrétisée à l’article 189 TFUE, qui lui donne mandat d’élaborer une politique spatiale européenne, en promouvant des initiatives commune, en soutenant la recherche et le développement technologique et en coordonnant les efforts nécessaires pour l’exploration et l’utilisation de l’espace. L’objectif est de favoriser le progrès scientifique et technique, la compétitivité industrielle et la mise en œuvre des politiques de l’Union. En 2011, la Commission avait déjà présenté ses plans dans sa communication intitulée «Vers une stratégie spatiale de l’Union européenne au service du citoyen».

 

Outre des mesures prioritaires dans le domaine de la navigation par satellite (voir les programmes Galileo et EGNOS) et le programme Copernicus au service de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique, l’industrie spatiale apparaît notamment comme un moteur de la croissance et de l’innovation. Cette dernière implique la création d’emplois hautement qualifiés ainsi que des perspectives de débouchés commerciaux pour les produits et services innovants dont le champ d’application dépasse de loin le secteur spatial. L’espace contribue ainsi directement à la réalisation de la stratégie Europe 2020. Sur le fond, bien qu’avec des modifications, le Conseil de l'UE et le Parlement européen ont favorablement accueilli cette communication.

 

Pour finir ...

L’Union attend de son nouveau programme de prestige Copernicus une infrastructure d’observation de la Terre performante et durable pour l’Europe. Se fondant sur des études, la Commission prévoit en outre des avantages financiers à hauteur de quelque 30 milliards d’euros et 50 000 nouveaux emplois d’ici 2030. Outre l’aspect purement économique, il reste enfin un apport non quantifiable du programme à notre responsabilité collective à la préservation de notre planète.

 

Anna Echterhoff

COMECE

 

Version originale de l’article: allemand

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