Monday 20. May 2019

Une année électorale pour l’Europe

Alors que les élections du Parlement européen auront lieu en mai, l’Union européenne est dans un état assez paradoxal.

Jamais l’UE n’a été aussi plébiscitée par ses citoyens depuis 25 ans. 62 pour cent des citoyens de l’UE voient positivement le fait que leur pays soit membre de l’UE, et l’on atteint même 81 pour cent en Allemagne. Et pourtant, avec le Brexit, c’est aussi le moment où un pays va, pour la première fois, quitter l’Union. Les 27 ont réussi à se montrer particulièrement soudés et à défendre l’Irlande à l’unisson tout au long des négociations de sortie. Mais l’Union reste profondément divisée et déchirée sur la question de l’accueil des réfugiés et des migrants.

 

Si la croissance économique enregistrée en 2018 dans l’UE était de 2,1 pour cent, les inégalités entre les riches et les pauvres ne cessent de se creuser. Il est d’une part évident que les défis actuels en termes de changements climatiques, d’immigration, d’énergie, de fiscalité et de régulation bancaire ne peuvent plus être gérés par aucun pays en faisant cavalier seul. Cependant, d’un autre côté, un nouveau nationalisme et des populistes eurosceptiques s’en prennent à l’UE. Seule avancée réjouissante à noter : le devenir de l’Europe est aujourd’hui thématisé bien plus largement et de manière plus engagée qu’il y a quelques années.

 

L’événement le plus important pour l’UE en 2019 est l’élection du Parlement européen qui aura lieu du 23 au 26 mai prochain. 340 millions de citoyens et citoyennes sont appelés aux urnes. Le Parlement européen n’a pas d’équivalent dans le monde. Il n’existe nulle part ailleurs une institution supranationale fonctionnant en tant que parlement élu au suffrage direct. Les compétences du PE ont été étendues à chaque modification des traités. La part de la législation européenne ne pouvant être adoptée qu’avec l’accord du Parlement européen s’élève aujourd’hui à près de 50 pour cent.

 

Cependant, le Parlement européen est par ailleurs lui-même un des éléments qui ont conduit au déficit démocratique qu’accuse l’UE. La première élection directe du Parlement européen a beau remonter à déjà presque 40 ans, les élections européennes restent une série d’élections nationales qui, au niveau européen, ne confèrent qu’une légitimité limitée. Les électeurs n’élisent que des partis nationaux. Pour siéger au Parlement européen, ces derniers s’affilient certes aux groupes parlementaires européens mais n’ont pas de lien direct avec la population. Cela peut expliquer pourquoi le taux de participation électorale n’a fait que baisser depuis les premières élections de 1979, où il était de 62 pour cent, pour tomber à 42 pour cent en 2014. Cependant, le Parlement étant le seul organe européen directement élu par les électeurs, il reste l’instrument le plus efficace pour renforcer la démocratisation dans l’Union. C’est pourquoi nous devons nous donner la peine de débattre et de développer des concepts pour améliorer le Parlement européen.

 

A une époque où le multilatéralisme est remis en question, l’Europe peut avoir son heure de gloire. L’Union peut en effet servir d’exemple afin de montrer que les grands défis du 21ème siècle ne peuvent être relevés qu’à l’aide d’une concertation supranationale. On ne peut s’empêcher de penser ici au lien entre la question écologique et la question sociale. Pour les élections européennes, nous ne pouvons qu’espérer un taux de participation élevé et un vote qui renforce les partis proeuropéens. Pour ce faire, l’UE a besoin d’Européens et d’Européennes qui la défendent contre ses contempteurs.

 

C’est justement le cas de Johanna Touzel, Européenne convaincue et convaincante qui a édité ensemble avec le JESC Europeinfos pendant plus de dix ans. Johanna est actuellement en train de se réorienter professionnellement. Nous tenons à la remercier pour l’excellente collaboration et lui souhaitons un avenir couronné de succès. En raison des changements structurels survenus à la suite de son départ, les numéros de janvier et de février d’Europeinfos paraissent dans une édition commune.

 

Martin Maier SJ

JESC

 

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