Tuesday 7. April 2020
#136 - mars 2011

 

Energie et Innovation – les thèmes presque oubliés du Sommet

 

Bien que la politique énergétique et l’innovation aient été désignées bien avant comme thèmes principaux du Conseil Européen du 4 février, ce sont les divergences d’opinion quant à l’avenir de l’Eurozone et les réactions face aux évènements en Egypte qui ont retenu l’attention des médias. Cela n’enlève néanmoins rien à la dimension majeure de ces deux premiers sujets pour l’avenir de l’Europe.

 

Herman van Rompuy est un homme aux idées claires. Et il est constant. Lors de sa prise de fonction, il y a près d’un an, il a fait de la poursuite du développement du modèle de croissance la priorité numéro un de l’Europe, afin de pouvoir suivre la cadence de la concurrence mondiale et de permettre, au vu de la croissance démographique, le maintien futur du financement des systèmes de sécurité sociale. Pour ce faire, de nouveaux potentiels de croissance devront être libérés.

 

Malgré la crise financière et, plus récemment, les évolutions dans le monde arabe, il a campé sur ses positions quant aux priorités européennes. Cela explique aussi son intention de longue date d’aborder au Conseil Européen du 4 février les thèmes de l’innovation et de l’énergie, qui jouent un rôle majeur, pas seulement pour, mais aussi dans la stratégie UE 2020. Le fait que les thèmes choisis aient été évincés de la Une des journaux par la proposition controversée d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy d’un pacte de compétitivité et par les troubles en Egypte, ce qui fait partie de la logique médiatique de notre temps, n’aura pas suffit à entamer les convictions de ce Belge opiniâtre lors du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement européens.

 

Dans les Conclusions du dernier sommet du Conseil Européen, la création d’un marché intérieur de l’énergie intégré a été annoncée pour 2014. « Aucun État membre de l'UE ne devrait rester à l'écart des réseaux européens du gaz et de l'électricité au-delà de 2015, ni voir sa sécurité énergétique mise en péril par le manque de connexions appropriées. » y mentionne-t-on. Pour atteindre cet objectif, des mesures infrastructurelles de taille devront être financées. 200 milliards d’euros seront dépensés d’ici 2012 rien que pour l’amélioration des réseaux de transport du gaz et de l’électricité. En outre, il faudra que les pays limitrophes se montrent compréhensifs face aux inconvénients pas toujours évitables qu’entraîne parfois ce type de projet de grande envergure. L’objectif étant en fin de compte de leur permettre aussi d’utiliser l’énergie plus efficacement. L’un de ces grands projets est la création d’une liaison nord-sud pour le transport de l’électricité, du gaz et du pétrole pour les Etats membres de l’UE d’Europe centrale et orientale. Un groupe de travail composé de représentants des pays impliqués a déjà commencé ses travaux quelques jours après le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de février sous la responsabilité de la Commission européenne.

 

Quant à l’autre thème central du Sommet – innovation et recherche -, le Conseil européen a préconisé de «  mobiliser d'une manière cohérente les compétences et les ressources européennes » et de tendre vers une meilleure surveillance des progrès dans le domaine de l’innovation. Conformément à la Stratégie UE 2020, l’investissement total en matière de recherche et de développement devrait passer de 2 % du PIB en 2009 à 3% du PIB d’ici 2020.

 

Peu de temps après le Sommet, la Commission européenne a aussi présenté un Livre Vert dont l’objectif est de réorganiser le financement par l’UE des projets de recherche et d’innovation. Le Livre Vert s’accompagne d’une consultation du monde politique, économique et de la société civile sur l’organisation et les priorités de la politique européenne de la recherche. Cette consultation devrait aboutir à l’établissement d’un cadre commun stratégique afin que l’UE puisse maintenir voire améliorer son positionnement au niveau mondial en matière de base scientifique. Le renforcement de la compétitivité y joue un rôle majeur afin de relever les grands défis sociétaux tels que le changement climatique, l’utilisation rationnelle des ressources limitées, la sécurité énergétique et alimentaire, la santé et le vieillissement de la population.

 

Cette consultation sur la recherche et l'innovation, ainsi que la question de la sécurité et de l’épargne énergétique sont des sujets clés pour la croissance qualitative et une plus grande sécurité d'emploi en Europe. Ce fut le signal lancé par le Conseil européen du 4 février. Il serait souhaitable que les dirigeants de l'Eglise et la classe politique, en se référant à l'Enseignement social de l’Eglise, participent de manière constructive aux discussions sur la meilleure façon d'atteindre ces objectifs. En prônant la vertu de modération et la conviction que l'esprit humain est au service de l'intention créatrice de Dieu, l'éthique sociale chrétienne est en définitive en bonne position pour contribuer de manière indépendante et originale à la discussion.

Stefan Lunte

 

Version originale de l’article : allemand

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