Monday 25. May 2020
#136 - mars 2011

 

L’UE face aux défis énergétiques

 

Une énergie sûre, durable, financièrement abordable, dont l’approvisionnement est garanti et qui contribue à la compétitivité européenne, reste une priorité pour l’Europe.

 

Au dernier Conseil européen qui s’est réuni à Bruxelles le 4 février, les chefs d’Etat et de gouvernement ont délibéré sur la façon dont l’UE peut relever les défis qu’elle rencontre en matière d’énergie. Selon l’article 194 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), les objectifs fondamentaux de la politique énergétique font désormais partie du champ politique de l’Union, « dans un esprit de solidarité avec les Etats membres. »

 

La tâche de construire une politique énergétique à l’échelle du continent n’est pas facile en raison de notre dépendance (54,8% en 2008 selon Eurostat) dans l’approvisionnement en gaz et en pétrole auprès de quelques pays extérieurs en situation oligopolistique par rapport à nos faibles ressources internes. Au surplus, il n’est pas simple de faire prévaloir des impératifs publics en face de nombreuses entreprises privées ayant leurs réseaux et leurs stratégies propres et dont l’aire d’action est mondiale. Dans la lutte commune contre le réchauffement climatique, les agents publics jouent sur la gamme de la fiscalité. De toute façon, il leur faut lever des capitaux importants en vue d’investissements onéreux et dont la rentabilité ne peut se justifier qu’à long terme.

 

Ce sont ces objectifs communs à tous les acteurs que la Commission vient de reformuler ces dernières semaines en ces termes : « assurer la disponibilité physique ininterrompue de produits et services énergétiques sur le marché, à un prix abordable pour tous les consommateurs (privés et industriels), tout en contribuant aux objectifs sociaux et climatiques plus vastes que l’UE s’est fixés. » Le détail des mesures suggérées pour parvenir à ce résultat se retrouve dans un document récent de la Commission. Il est intitulé : « Priorités en matière d’infrastructures énergétiques pour 2020 et au-delà - Schéma directeur pour un réseau énergétique européen intégré ». Les organismes destinataires de ce document ont pour mission de l’articuler avec les travaux des parlementaires, d’enrichir les politiques régionales et celles, très prometteuses et proches des habitants, qui naissent autour de la notion de « ville intelligente », de veiller à la qualité des changements sociaux que supposent ces mutations accélérées etc.

 

« Peut mieux faire » selon la Commission

 

L’UE, on le sait, s’est engagée, pour 2020, à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, à porter à 20% la part des énergies renouvelables dans son bouquet énergétique futur, à améliorer de 20% son efficacité énergétique. Dans l’état actuel des choses, la Commission constate que la qualité des plans nationaux pour l’efficacité énergétique élaborés par les Etats membres depuis 2008 est « décevante et laisse inexploité un vaste potentiel d’économies d’énergie ». La recherche de l’efficacité énergétique prend du retard et beaucoup d’installations vétustes restent en place un peu partout. Le secteur de l’habitat et des transports, gros dévoreur d’énergie et grand émetteur de gaz à effet de serre, repose encore trop sur des énergies fossiles, avec un prix du pétrole qui semble durablement reparti vers la hausse. C’est pourquoi les carburants alternatifs devraient avoir de plus en plus le vent en poupe. Ils permettraient de réduire les effets sur l’environnement et d’assurer la sécurité des approvisionnements en énergie.

 

A l’échelon international, l’Europe n’a pas encore acquis la stature souhaitable. Malgré les crises d’approvisionnement hivernal en gaz, l’Europe n’a toujours pas d’approche commune à l’égard des pays fournisseurs et de transit. Le projet Nabucco, destiné à desserrer l’étreinte russe pour les livraisons gazières depuis la Caspienne, est toujours dans les limbes. On peut légitimement aussi s’inquiéter de voir que l’opinion se montre peu attentive à la raréfaction des ressources pétrolières. Pourtant ce lent tarissement entraînera inévitablement des hausses de prix et une atmosphère belliqueuse entre nations pour la collecte de l’or noir et son acheminement à bon port. On vient de le vérifier une fois encore avec une Egypte en colère et… propriétaire du canal de Suez.

Henri Madelin SJ

 

Teilen |
europeinfos

Published in English, French, German
COMECE, 19 square de Meeûs, B-1050 Brussels
Tel: +32/2/235 05 10
e-mail: europeinfos@comece.eu

Editors-in-Chief: Martin Maier SJ

Note: The views expressed in europeinfos are those of the authors and do not necessarily represent the position of the Jesuit European Office and COMECE.
Display:
http://europe-infos.eu/