Monday 6. April 2020
#137 - avril 2011

 

Promouvoir une économie faible en carbone

 

Lors d’un sommet co-organisé par le Parlement Européen, la Commission et le Conseil, le Prince Charles a lancé un appel pressant en vue d’une économie faible en carbone.

 

Une « économie faible en carbone » vise à réduire dans une société donnée les émissions de gaz à effet de serre, notamment de CO2, dans le cadre d’une stratégie cherchant à atténuer le réchauffement climatique, composant majeur du changement climatique, mais cherchant également à réduire la dépendance envers le pétrole ou d’autres ressources qui, par nature, sont disponibles en quantité limitée. Les deux principales voies d’action pour atteindre cet objectif sont : 1. l’accroissement de l’efficacité énergétique ; 2. l’utilisation de sources d’énergie faiblement carbonées, obtenue en accroissant la proportion d’énergies renouvelables, telles que l’éolien ou le solaire. Le nucléaire est habituellement inclus par ses promoteurs parmi les sources faiblement carbonées. Néanmoins, il doit être pris en compte séparément dans la mesure où il utilise des matières premières non renouvelables telles que l’Uranium et en raison des déchets radioactifs qu’il génère et qui, bien que non carbonés, sont bien plus dangereux.

L’intérêt manifesté pour la promotion de telles économies faibles en carbone est à l’origine du sommet organisé à Bruxelles par le Président du Parlement Européen, Jerzy Buzek, le Président de la Commission, José Manuel Barroso, et le Président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy. D’une durée d’une journée, cette conférence organisée sous le patronage des trois présidents a rassemblé des experts reconnus en matière de changement climatique, dont Sir Nicholas Stern, auteur d’un des rapports qui font autorité dans le domaine des questions économiques liées au changement climatique. De hauts représentants du secteur énergétique étaient également présents.

 

Mais l’orateur d’honneur de la conférence était le Prince de Galles, connu pour son engagement dans le domaine écologique et la promotion d’un environnement sain, à côté de multiples autres initiatives caritatives. Inviter une telle personnalité était susceptible d’attirer l’attention des médias, ce qui fut le cas. Le Prince de Galles a souligné la nécessité de tourner les économies vers un usage plus modéré du carbone et la nécessité de prendre conscience des liens inhérents qui existent entre la résilience des écosystèmes et celle des économies nationales. Il a mis en avant le besoin de « s’éloigner du modèle économique conventionnel de la croissance économique fondée sur l’élaboration de produits à haute intensité carbonée », tout en signalant qu’il souhaitait maintenir ouverte la possibilité d’une approche pragmatique, parce qu’une telle option devait également assurer la compétitivité de l’Europe. Il s’est également fait l’avocat de l’integrated reporting, un instrument à la disposition des entreprises qui reflète les interconnexions entre les facteurs de gouvernance ainsi que les facteurs économiques, sociaux et financiers, qui interviennent dans les décisions affectant les performances à long terme tout en fournissant des informations de nature financière et non financière.

 

Alors que Mr Buzek a souligné l’importance de l’innovation et des nouvelles technologies, Mr Barroso a mis en avant la nécessité d’une utilisation plus efficace des ressources, mais il a également voulu montrer que croissance et maîtrise des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas incompatibles en affirmant que « depuis 1990 nous avons réduit nos émissions de gaz à effet de serre de plus de 10% au sein de l’UE, alors que nos économies ont connu une croissance d’environ 40% ». Il a également souligné la nécessité pour les investisseurs de disposer d’un cadre législatif clair et stable dans le secteur énergétique en insistant sur le fait qu’une économie faible en carbone peut devenir un véritable atout pour les entreprises. Mr Van Rompuy a plaidé quant à lui pour une « révolution dans les systèmes énergétiques », insistant sur la nécessité d’investir dans les économies d’énergie, les réseaux intelligents et les compteurs intelligents, ajoutant que « nous devons utiliser moins d’énergie ». Mr Van Rompuy a aussi mis en avant la nécessité de combiner les actions nationale et européenne afin de promouvoir « les synergies et les économies d’échelle ».

 

Ces messages optimistes sont à mettre en balance avec les autres contributions de la conférence qui montraient les incohérences dans le système législatif de l’UE et des Etats Membres en matière de production d’énergie et d’efficacité énergétique, les intérêts multiples et divergents entre eux qui sont en jeu, le volume d’investissements nécessaire pour atteindre des effets significatifs qui, selon les sources, pourrait représenter de 2 à 6% du PIB mondial. Il ne fait pas de doute que beaucoup reste à faire et que nos leaders devront faire preuve d’un réel engagement pour avancer dans ce domaine.

 

José Ignacio Garcia Jimenez SJ

 

Version originale de l’article: anglais

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