Dienstag 23. Mai 2017

Favoriser la résilience pour une paix durable

L'Union européenne a déclaré que la "résilience" était l'une des priorités stratégiques de son action extérieure. Mais une question demeure : que signifie la « résilience » et comment la mettre en pratique ?

La Stratégie globale de l'Union européenne est le nouveau vade-mecum de l'Union pour sa politique étrangère et de sécurité. Dans un contexte fragile caractérisé par l'instabilité, les conflits, la montée des inégalités socio-économiques et la détérioration de l'environnement, cette Stratégie globale introduit le concept de résilience, en en faisant le nouveau principe directeur des relations de l'Union européenne avec son voisinage élargi. Selon la Stratégie, cette nouvelle priorité aidera « les Etats et les sociétés à se réformer, et donc à résister aux crises internes et externes et à se remettre de celles-ci ».

 

Le concept de résilience est déjà en usage dans un certain nombre de secteurs, en particulier en ce qui concerne les crises alimentaires, la politique climatique, la politique énergétique et les menaces à caractère hybride. Néanmoins, on ne voit pas clairement la signification de ce nouvel axe de résilience pour l'engagement de l'Union européenne vis-à-vis des pays tiers et de leurs citoyens.

 

Une stabilisation du voisinage et rien de plus ?

Certains observateurs ont interprété la priorité donnée au concept de résilience comme un moyen de contourner des questions épineuses telles que : la politique étrangère européenne doit-elle encourager la stabilisation ? Doit-elle au contraire promouvoir activement une transformation démocratique chez les voisins très divers de l'Union ? Ces observateurs lancent un avertissement : si l’intention que recouvre la résilience est simplement d'assurer la sécurité et la stabilité des régions environnantes, une telle politique pourrait conduire à tolérer, voire à favoriser les pratiques autoritaires, corrompues et anti-démocratiques d'institutions d'Etat.

 

Il est également à craindre, comme l'ont exprimé certains, de voir des responsabilités qui incombent à l'Union être transférées vers les pays tiers. Le concept de résilience pourrait alors servir de prétexte à la réduction de l'engagement politique et financier de l'Union européenne en soutien aux pays tiers et à leurs citoyens.

 

Dans la prochaine Communication de l'Union européenne sur la résilience, dont la publication est prévue pour mai 2017, il faudrait que soient définis un scénario commun et des orientations plus précises quant aux efforts à fournir par l'Union pour encourager la résilience.

 

Un moyen de favoriser la paix et le développement humain intégral

La COMECE a publié, en collaboration avec ses partenaires Justice & Paix Europe et Pax Christi International, une contribution à la prochaine Communication de l'Union européenne. Cette contribution, intitulée « Favoriser la résilience pour une paix durable » expose la vision de la résilience dans la perspective de l'Eglise et des organisations confessionnelles. Elle fournit aussi quelques exemples de mise en œuvre de ce concept en fonction de l’expérience de terrain. Les éléments suivants sont mis en évidence :

  • L'objectif des politiques de résilience devrait être de contribuer au développement humain intégral et à une paix durable. Il serait donc important, dans la définition de la résilience, d'inclure et de donner la priorité à la personne humaine, à la famille et à la communauté locale, en accordant une attention particulière aux plus vulnérables. 
  • Le concept de résilience implique de mettre plus fortement l'accent sur les acteurs locaux. Il en résulte que le rôle de l'Union européenne pour favoriser la résilience ne devrait pas être celui d'un « interventionniste » extérieur mais plutôt celui d'un partenaire et d'un facilitateur. En ce sens, les efforts pour encourager la résilience devraient reposer sur une démarche de responsabilisation, profondément enracinée dans les principes de subsidiarité et de solidarité, en permettant une participation adéquate de toutes les parties prenantes, à différents niveaux et d'un niveau à l'autre. 
  • Afin de refléter les spécificités des différents acteurs et contextes, il est important d'établir une différenciation appropriée au sein des politiques de résilience. Ceci nécessite d'élaborer des initiatives sur mesure, en dialogue avec toutes les parties concernées, et de tenir compte de leurs vulnérabilités, de leurs besoins, de leurs compétences et de leurs capacités spécifiques.
  • Au-delà de la nécessité d'une approche différenciée, il devrait y avoir un dénominateur commun à toutes les mesures visant à favoriser la résilience. Une approche centrée sur les personnes implique que le respect des droits de l'homme, de l'Etat de droit et des principes démocratiques fasse partie intégrante de ce processus.
  • En pratique, le concept de résilience devrait renforcer les attitudes non-violentes s'appliquant activement à la prévention des conflits en s'attaquant à leurs causes fondamentales. Il devrait aussi pousser à prendre davantage de mesures, dans les périodes de sortie de crise, telles que la reconstruction, la réconciliation et la justice transitionnelle. Les politiques de résilience devraient également comporter des mesures de transformation à long terme. Celles-ci visent à favoriser les capacités d'adaptation continuelle des acteurs locaux, à faire face à une crise en cours ou à la réitération d'événements indésirables.  

Il faut espérer que la prochaine Communication de l'Union européenne sur la résilience ne sera que le début d'un processus. Elle devrait être fondée sur une vision claire et intégrer la résilience dans différents secteurs de la politique intérieure et extérieure, qu'il s'agisse de prévenir les conflits et de contrecarrer l'extrémisme violent ou de s'attaquer aux injustices socio-économiques et de lutter contre le changement climatique. La résilience peut ainsi devenir un moyen efficace de contribuer au développement et à une paix durables dans les pays voisins de l'Union européenne et dans le monde entier.

 

Marek Mišák

 COMECE

 

Version originale de l’article: anglais

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