Monday 13. July 2020
#194 - Juin 2016

L'Accord de Paris se dirige vers sa mise en œuvre

Ce mois d'avril a vu le lancement de la période d'un an dont disposent les gouvernements nationaux pour ratifier l'Accord de Paris sur le changement climatique, conclu à Paris lors de la COP21. C'est le stade final avant l'entrée en vigueur de l'Accord.

La communauté internationale a accueilli avec enthousiasme l'important Accord de Paris sur le changement climatique, auquel est parvenue en décembre dernier la 21ème Conférence des Parties (COP21) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC). Depuis sa sortie, cet accord a été analysé dans de nombreux milieux, dont l'équipe d'EuropeInfos. Nous sommes nous aussi d'accord pour dire que les objectifs fondamentaux des négociations ont été atteints dans ce texte, à savoir: reconnaître qu'une limite supérieure de 2 ºC devrait être fixée pour l'élévation de la température moyenne de la planète, s'engager à fournir le financement nécessaire et reconnaître comme principe directeur les responsabilités communes mais différenciées des uns et des autres.

 

Des solutions pragmatiques ont également été trouvées dans l'Accord pour traiter des questions les plus controversées, comme par exemple la détermination d'objectifs nationaux volontaires qui permettront à la souveraineté nationale d'être préservée, ou l'organisation de révisions périodiques qui permettront à l'avenir une répartition plus efficace des responsabilités communes.

 

L'heure des ratifications

Après l'approbation de l'Accord à Paris, voici maintenant le stade officiel où les gouvernements lancent leurs procédures nationales de dépôt de leurs "instruments de ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion". Cette période a été inaugurée le 22 avril dernier lors d'une cérémonie à haut niveau au siège des Nations Unies à New York et elle durera jusqu'en avril 2017. Le nombre minimum de ratifications pour que l'Accord puisse entrer en vigueur est de 55 par rapport aux 195 pays qui sont non seulement signataires de la Convention des Nations Unies mais qui représentent aussi au total pas moins de 55% de l'ensemble des émissions dans le monde. Il y a de fortes chances que l'Accord soit ratifié, car des pays comme la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, la Russie, le Japon ou l'Union européenne, qui représentent au total plus de 70% de l'ensemble des émissions, ont déjà exprimé leur volonté de le faire.

 

Au moment de la ratification, chaque Etat doit également soumettre une première contribution déterminée au niveau national (NDC). Ces "contributions" sont les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que les pays ont l'intention d'atteindre. Au moment d'écrire ces lignes, seuls 17 pays ont soumis leurs instruments officiels de ratification, mais la communauté internationale a bon espoir que le quorum de 55 sera atteint. Il y a même un certain nombre de commentateurs qui prévoient que l'Accord pourrait être pleinement opérationnel d'ici 2018, sans attendre jusqu'en 2020.

 

Bref, la ratification de l'Accord enclenche aussi sa mise en œuvre par les Etats nations. Des décisions doivent être prises pour "décarboniser" l'économie. Ceci accélérera inévitablement la transition vers des sources d'énergie renouvelables. Après la ratification de l'Accord, les Etats doivent faire la preuve non seulement de leur volonté en la matière mais aussi de leur capacité à prendre des mesures concrètes aboutissant à la réalisation des contributions nationales déclarées.

 

Une sous-estimation des coûts

Il y a également très bon espoir que les engagements financiers qui ont été pris –et qui sont estimés au total à 100 milliards de dollars par an jusqu'en 2050 – soient honorés. Des rapports révélés par l'OCDE pendant la COP 21 ont montré que plus de 60% de ce montant a déjà été investi par la communauté internationale. Néanmoins, un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) indique que les coûts d'adaptation au changement climatique ont été sous-estimés jusqu'à présent. En fait, le rapport montre qu'il faudra au moins quatre à cinq fois ce montant pour relever les défis que va poser le changement climatique d'ici 2050.

 

Bien qu'il s'agisse uniquement d'estimations, qui devront donc faire l'objet d'autres études et confirmations, il est intéressant de constater qu'il y a aujourd'hui bien plus d'appels à se préoccuper davantage d'adaptation que ce n'était le cas lors des précédentes négociations. Lorsqu'on parle des personnes les plus vulnérables qui sont touchées par le changement climatique, il est clair que l'adaptation est devenue d'une importance cruciale.

 

A notre avis, le processus de l'Accord de Paris est bien parti. Même si les risques ne sont pas éliminés, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, nous avons au moins un cadre juridique cohérent qui peut susciter l'optimisme ou au moins nourrir l'espoir que le sens des responsabilités sera le principe directeur des transactions internationales dans ce domaine.

 

L'influence de Laudato si’

Nous célébrons actuellement le premier anniversaire de l'encyclique Laudato sí du pape François. Cette encyclique a certainement exercé une influence extrêmement positive sur la préparation de la conférence de Paris. La voix du pape, et à travers lui celle de l'Eglise, a apporté un solide soutien moral permettant d'arriver à un accord ambitieux et juridiquement contraignant. Naturellement, le futur défi auquel est confrontée la société civile est énorme. L'encyclique montre néanmoins que l'Eglise a elle aussi énormément de chemin à faire lorsqu'il s'agit de faire face aux problèmes environnementaux.

 

Après les très nombreuses réactions qu'a suscitées la sortie de l'encyclique, l'attention s'est portée sur la compréhension de son contenu. Mais aujourd'hui, nous devons agir pour faire accepter l'idée que les problèmes environnementaux font partie intégrante de notre réflexion comme de notre mode de vie. C'est ce qui sera considéré comme la plus grande contribution de l'Eglise à ce processus.

José Ignacio Garcia SJ

JESC

 Version originale de l’article : anglais

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