Monday 25. May 2020
#195 - Juillet - Août 2016

Le bouquet énergétique dans l'Union européenne après la COP21

L'heure est venue de passer à l'application de l'accord de Paris. Les énergies renouvelables sont clairement l'option à choisir dans le nouveau bouquet énergétique. Même confrontée à des difficultés, l'Union ne doit pas réduire ses ambitions.

Solar panels and wind turbines with city

Après la COP21, alors que le processus de ratification de l'accord de Paris est en cours, la Commission européenne a présenté en juin dernier une Communication qui définit sa stratégie pour "appliquer l'accord". Selon le Commissaire européen chargé de l'action pour le climat et de l'énergie, Miguel Arias Cañete, il s'agit "d'achever sans délai la législation en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030". La Commission européenne veut se servir de cette Communication pour attirer l'attention des Etats membres sur les objectifs adéquats de réduction des émissions dans les secteurs qui ne sont pas couverts par le système d'échange de quotas d'émissions, notamment les transports, le bâtiment et l'agriculture.

 

En octobre 2014, le Conseil européen s'est mis d'accord sur un Cadre d'action en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 qui fixe des objectifs ambitieux visant à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir une économie à faible intensité de carbone en stimulant les énergies renouvelables et en encourageant une plus grande efficacité énergétique. Ce cadre définit trois grands objectifs pour l'année 2030 : au moins 40% de réduction au niveau des émissions de gaz à effet de serre (par rapport aux taux de 1990); une part d'au moins 27% pour les énergies renouvelables ; et une amélioration d'au moins 27% en ce qui concerne l'efficacité énergétique.

 

Stimuler les changements nécessaires

Plusieurs futurs scénarios sont possibles après la COP21. L'économie mondiale se développe du côté production comme du côté consommation et elle aura donc besoin de davantage d'énergie, tout en devant être en même temps d'une efficacité énergétique bien supérieure. Si nous voulons atteindre les objectifs ci-dessus, il faudra, à mesure que nous approcherons de 2030, une plus grande cohérence au niveau des politiques qui feront de l'Union européenne une économie "à faible intensité de carbone", reposant sur des sources d'énergies renouvelables et sur le principe de l'efficacité énergétique. Si nous voulons concrétiser l'accord de Paris et le faire vivre, "nous devons procéder à des changements rapides dans le secteur de l'électricité et du transport automobile privé, tout en améliorant fortement l'efficacité énergétique dans tous les secteurs", a déclaré l'économiste en chef de Statoil, Eirik Waerness, lors d'une récente rencontre organisée par le European Policy Centre à Bruxelles.

 

Aujourd'hui, l'Union européenne a l'intention d'améliorer sa législation sur les énergies renouvelables afin de veiller à ce que l'objectif fixé pour 2030 soit atteint. "Au cours de cette année, nous ferons une proposition axée sur les moyens d'accroître la coopération régionale entre les pays de l'Union européenne pour que les ressources renouvelables deviennent le moteur de notre système d'alimentation électrique", a déclaré Miguel Arias Cañete, le Commissaire européen chargé de l'action pour le climat et de l'énergie. Il a ajouté que le but recherché par l'Union européenne était d'arriver à établir "un marché de l'énergie qui soit au service des énergies renouvelables et non pas le contraire".

 

Le scénario du pont

Le scénario le plus ambitieux en réponse aux défis du changement climatique en ce qui concerne le bouquet énergétique est celui qui repose fortement sur les sources d'énergies renouvelables. Il nécessite une transformation profonde et essentielle du secteur de l'électricité, permettant à l'énergie solaire et à l'énergie éolienne de représenter près de 40% de la génération globale d'électricité en 2040, alors que ces énergies ne représentent actuellement que 5%. Il est clair qu'un changement plus rapide est requis. Des investissements majeurs sont nécessaires dans de nouvelles énergies renouvelables et, comme l'a déclaré Eirik Waerness, "il faut retirer le charbon du système". Ce n'est certainement pas un message facile à avaler pour certains des Etats membres de l'Union.

 

Selon Laura Cozzi, de l'Agence internationale de l'énergie, le "scénario du pont", c'est-à-dire le scénario qui fait un pont entre l'heure d'aujourd'hui et l'année 2030, repose sur cinq mesures : accroître l'efficacité énergétique de l'industrie ; accroître l'efficacité du secteur du bâtiment et du secteur des transports ; réduire progressivement l'utilisation des centrales électriques au charbon, qui sont les moins efficaces sur le plan énergétique, et interdire la construction de nouvelles centrales de ce type ; augmenter les investissements dans les technologies relatives aux énergies renouvelables dans le secteur de l'électricité pour arriver à $400 milliards en 2030, alors qu'ils étaient de $270 milliards en 2014; éliminer petit à petit les subventions aux utilisateurs finaux de combustibles fossiles d'ici 2030 ; et enfin, réduire les émissions de méthane provenant de la production de pétrole et de gaz.

 

Si nous voulons que la COP 21 devienne effective, nous devons aller de l'avant, ce qui exige que le secteur énergétique de l'Union européenne joue un rôle crucial. Il faut d'une part veiller à assurer un approvisionnement énergétique stable et pas trop onéreux, qui maintienne la compétitivité de l'industrie européenne, et il faut d'autre part que l'Union européenne fournisse un cadre permettant de soutenir l'économie nationale des pays qui dépendent encore fortement du charbon, en les aidant à passer à des ressources renouvelables. Quoi qu'il en soit, l'Union européenne ne doit pas réduire ses ambitions, qui reconnaissent l'énormité des enjeux : les menaces du réchauffement planétaire et les menaces du changement climatique induit par l'homme. Il faut faire face à ces deux types de menaces en s'appuyant sur la confiance donnée par de solides convictions et en déployant toutes les ressources disponibles.

 Paula Sendin

JESC

 

Version originale de l’article : anglais

 

 

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