Tuesday 7. April 2020
#203 - avril 2017

Les Britanniques à l'étranger : de jeunes catholiques font l'expérience du Brexit du côté européen

Les stagiaires du Programme "Faith in Politics", relevant de la Conférence épiscopale catholique d'Angleterre et du Pays de Galles, font le point sur leur visite à Bruxelles et l'influence du Brexit sur leur travail et sur l'Eglise au Royaume-Uni.

Du 5 au 8 février, un groupe de jeunes Britanniques s'est aventuré au cœur de l'Union européenne à Bruxelles pour nouer des contacts avec les institutions de l'UE et avec des organisations d'Eglise aux dimensions européennes. Ce groupe est composé de stagiaires de la Conférence épiscopale catholique d'Angleterre et du Pays de Galles, qui travaillent sur des dossiers s'inscrivant dans le cadre du Programme de stage parlementaire et affaires publiques catholique "Faith in Politics" (foi en politique). Certains d'entre eux travaillent avec des parlementaires catholiques, d'autres avec des organisations caritatives et deux au sein même de la Conférence épiscopale. Cette visite à Bruxelles était organisée par Michael Kuhn, Secrétaire Général adjoint à la COMECE. Elle a comporté un large éventail d'intervenants, qui ont discuté de l'avenir des relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, du travail de plaidoyer de l'Eglise et des relations avec le reste du monde.

 

Bien que les sondages suggèrent qu'approximativement 73% des jeunes de 18 à 24 ans ont voté en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, les avis du groupe de stagiaires étaient partagés ; l'un des membres du groupe avait voté en faveur de la sortie de l'Union tandis qu'un autre avait fait activement campagne pour le maintien dans l'Union. Cette situation a donné lieu à d'intéressantes discussions au sein du groupe et à des débats lorsque le groupe a été confronté aux avis des membres de la Commission, du Conseil et du Parlement. A certains moments de la semaine, le groupe s'est vraiment senti loin de l'expérience européenne, même si les échanges - et notamment ceux avec les organisations d'Eglise - ont fait apparaître quelques raisons d'espérer au niveau des futures relations entre l'Europe et les citoyens britanniques.

 

Un accueil chaleureux ?

William, qui avait voté pour que la Grande-Bretagne sorte de l'Union, a fait comme commentaire : "Bien que ma présence à Bruxelles m'ait ouvert les yeux, pour la première fois, sur la valeur du travail de l'UE, d'une façon tout à fait concrète, je n'ai pas regretté ma décision de voter en faveur de la sortie de l'Union". Inversement, Charlotte, qui avait voté en faveur du maintien dans l'Union, a estimé qu'il était "difficile d'être optimiste quand il y a tant d'incertitudes autour des prochaines négociations sur le Brexit". Ce contraste s'est également retrouvé dans les avis des représentants des institutions que le groupe a rencontrés.

 

La UK Task force a paru suggérer que les accords sur le Brexit seraient difficiles et qu'ils ne seraient probablement pas orientés en faveur de la Grande-Bretagne. De son côté, la Représentation Permanente du Royaume-Uni auprès de l'Union européenne s'est appuyée sur la solide devise britannique "On reste calme et on continue", donnant même l'impression d'apprécier le défi. Par ailleurs, les organisations d'Eglise ont dépeint l'Europe comme une force au service du bien. Charlotte a trouvé "encourageant de rencontrer des organisations telles que la CIDSE, Caritas Europa et le Jesuit Refugee Service, qui continuent de travailler au-delà des frontières nationales dans l'intérêt des plus pauvres et des plus vulnérables, et ce dans le monde entier".

 

Aimer son prochain

Comme on met moins de trois heures de train pour venir de Londres, on a tendance à considérer l'Europe - et Bruxelles - comme un proche voisin du Royaume-Uni. Mais vont-ils rester amis ? Laura, qui a grandi en Ecosse, voit cette tension s'infiltrer dans les pays qui composent le Royaume-Uni. Elle déclare : "En tant qu'Ecossaise qui est totalement convaincue que le Royaume-Uni doit demeurer au sein de l'Union européenne (l'Ecosse a voté à une écrasante majorité en faveur du maintien dans l'Union), je comprends la frustration de mes compatriotes à l'égard du Brexit". Manifestement, le Parlement écossais n'est pas satisfait de la conduite des négociations ; mais Laura est convaincue que "ce n'est pas le moment d'accroître les divisions mais au contraire de travailler ensemble et de renforcer les liens". Elle espère que "l'Ecosse aura toujours un rôle à jouer, une alliance et une relation d'amitié avec l'Union européenne comme avec le Royaume-Uni".

 

William peut lui aussi se rendre compte des avantages de l'union, en tant que "coopération de nations à la recherche d'une coexistence pacifique" entre tous. Il considère que l'un des résultats positifs des négociations est la possibilité que "la Grande-Bretagne de l'après-Brexit réexamine sa nature et son rôle dans le monde tout en restant bons amis avec ses voisins européens ; peut-être même au point d'arriver à ce que la Grande-Bretagne et l'Union européenne coopèrent et soient une source d'inspiration mutuelle en vue de réaliser de grands desseins".

 

De retour à Londres, tous ont été d'accord pour dire qu'il y avait eu des dialogues et des voix optimistes tout au long de notre séjour à Bruxelles. Que le Royaume-Uni et l'Union européenne doivent ou non s'attendre à parcourir un chemin ardu, ce groupe spécifique de "Britanniques à l'étranger" espère que toutes les parties en présence pourront continuer à rechercher la coopération et le bien commun.

Nina Mattiello Azadeh

 

Assistante Médias, Conférence épiscopale catholique d'Angleterre et du Pays de Galles

 

Version originale de l’article : anglais

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent en aucune façon celles de la Conférence épiscopale catholique d'Angleterre et du Pays de Galles et de ses services.

 

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