Saturday 28. March 2020
#187 - Novembre 2015

L'intervention nécessaire et salutaire de l'Église

Le député européen Peter Liese (ALDE, Allemagne) est membre de la Commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement européen. La publication de l'encyclique lui donne des ailes.

Ce pape est une bénédiction pour l'Église catholique et pour toute l'humanité. Il a déjà prouvé son courage et son autorité en prenant position sur des questions internes à l'Église ou sur le sort des réfugiés. Le discours qu'il a prononcé devant le Parlement européen a impressionné les députés, tous partis confondus.

 

Je suis très heureux que le pape François ait choisi d'attirer l'attention sur la protection du climat et de l'environnement dans son encyclique Laudato si'. Le titre Laudato si', en référence directe à la célèbre prière de saint François d'Assise, est tout aussi programmatique que le nom François, que le pape s'est lui-même choisi. Cette encyclique m'emplit de joie. Elle portera les efforts de tous ceux qui, dans le monde entier, défendent la préservation de la Création.

 

Une impulsion forte avant Paris

Cela vaut essentiellement pour les conférences mondiales annuelles sur le climat, au cours desquelles, ces dernières années, les grands acteurs ont, pour des motifs variés, manqué d'ambition et de volonté d'unité. L'encyclique peut précisément donner une impulsion opportune sur ces questions. À quelques semaines de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Paris (COP21), je suis convaincu que les pays de tradition catholique adopteront une attitude plus positive. 30 % des sénateurs américains sont catholiques et j'espère que les sénateurs républicains sauront eux aussi se positionner à l'avenir de manière plus constructive sur les enjeux de protection du climat.

 

Au sein de l'Europe, le rôle de la Pologne catholique a posé problème jusqu'ici. Le gouvernement polonais s'est jusqu'à présent opposé à la quasi-totalité des initiatives en faveur du climat. Je ne peux qu'espérer que cette attitude change, ne serait-ce qu'en partie.

 

Les problèmes écologiques et sociaux forment un tout

D'une manière générale, j'espère que l'encyclique fera souffler un vent favorable sur la politique environnementale dans sa globalité. Le pape François mentionne entre autres exemples la pollution, le problème des déchets et la culture du tout-jetable, le changement climatique, la pénurie en eau potable et la perte de la biodiversité. Tous ces exemples rejoignent les problèmes et les défis face auxquels l'Union européenne lutte de manière exemplaire.

 

Le pape dénonce clairement la surexploitation galopante des ressources de la planète et souligne que les premières victimes et de la pollution et du changement climatique qui ne cesse de progresser sont avant tout les populations les plus pauvres. Je partage son avis sur le fait que les problèmes écologiques et sociaux, mais aussi l'engament en faveur de l'environnement et des pauvres, doivent être considérés comme un tout.

 

Je serais heureux de voir que le monde accepte la théorie selon laquelle l'homme est le principal responsable du changement climatique ; cette reconnaissance doit se refléter dans les actions des responsables politiques. Ainsi, nous parviendrons à concilier intérêts écologiques et intérêts économiques afin que chacun s'y retrouve.

 

Par ailleurs, le pape soutient la position des scientifiques qui reconnaissent que le réchauffement du climat est essentiellement lié aux activités humaines. Ils représentent au moins 95 % de tous les chercheurs qui étudient ce phénomène. Je suis moi-même médecin et lorsqu'il s'agit de la santé d'un patient et que 95 % de mes confrères s'entendent sur un diagnostic, celui-ci n'est généralement pas remis en cause et un traitement est mis en place.

 

Le rôle crucial des églises

Par conséquent, il m'apparaît fondamental que le changement climatique soit accepté comme une réalité factuelle qui affecte tous les habitants de la planète. Le pape le dit sans détour. Le changement climatique est "un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques". Il se traduit également par l'augmentation du nombre de migrants qui fuient leur pays, non seulement à cause de la guerre ou de la violence, mais "fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale". Je le vois comme un immense péril auquel nous ne pouvons échapper. Il entraînera inévitablement des changements dans la vie de chacun d'entre nous. Il est désormais temps d'agir et d'organiser ces changements. Les hommes et les femmes qui prennent cette tâche à bras le corps ont besoin de soutien, en particulier de la part des Églises.

 

Les Églises et les communautés religieuses sont capables, si elles font entendre leur opinion avec force, de jouer un rôle déterminant dans l'organisation de l'ordre mondial de demain, et ce à travers l'exemple concret d'un futur accord sur le climat absolument primordial pour nos enfants et les enfants de nos enfants. J'espère que les Églises continueront à adopter un positionnement clair sur les questions d'avenir comme le pape François l'a fait à travers son encyclique Laudato si'. Car cette intervention est plus que jamais nécessaire et salutaire.

 Peter Liese

Député au Parlement européen

 

Version originale de l’article : allemand

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