Freitag 21. Juli 2017

Réfugiés en Grèce: Voies d’espérance au cœur d’un marécage

Il y a un an et deux mois, l’accord entre l’UE et la Turquie mettait un coup d’arrêt à l’arrivée massive des réfugiés en Grèce et en Europe. Un effet impressionnant montrant combien la dimension politique a son poids dans l’organisation logistique, dans l’exploitation de l’exode de milliers de réfugiés.

Le contexte aujourd’hui en Grèce

Aujourd’hui, ce sont 300 à 350 personnes encore, qui arrivent chaque semaine depuis la Turquie sur les cinq «hotspots» des îles grecques - Lesvos, Leros, Chios, Kos, Samos - 5400 environs depuis janvier 2017, soit 98% de moins qu’il y a un an à la même période.

 

L‘hémorragie semble contenue, le remède efficace à ce qui fut la crise des réfugiés en Grèce n’est plus à la une des médias ni même un sujet d’actualité. Grand silence sur un marécage de 50.000 réfugiés bloqués dans des camps, des appartements et hôtels financés par des fonds européens orientés vers l’UNHCR ou les plus grandes ONG, mais aussi dans des squats, des parcs publics, des lieux de fortune. Dans la grande ville d’Athènes, ils vivent de la solidarité, de la générosité de quelques activistes et volontaires, bien souvent otages situations qu’ils n’ont pas choisies.

 

Les nouveaux arrivants sont contenus dans les îles dans des camps de détention loin des yeux des touristes pour préserver l’économie locale. Les conditions de vie y demeurent très sommaires, l’assistance légale et médicale minimale pour décourager non seulement les arrivées mais aussi les demandes d’asile, voire encourager les retours vers le pays d’origine.

Certains réfugiés, peu nombreux, sont aussi renvoyés en Turquie conformément à l’accord.

 

Accélérées en fin 2016, début 2017, les réunifications familiales se font plus lentes et difficiles. L’Allemagne a annoncé qu’elle n’irait pas au delà de 70 réunifications par mois contre 600 jusqu’à présent.

 

La relocalisation vers les pays d’Europe n’est ouverte qu’à certains réfugiés de Syrie, Irak, Erythrée, Yémen, Iran, Palestine, Burundi, mais ralentie par une procédure longue, freinée parfois par l’état d’urgence ou le contexte d’élection présidentielle comme en France. Ce mois dernier aucune relocalisation vers la France n’a pu s’opérer.

 

Certains autres pays comme le Portugal, pourtant très ouvert à la relocalisation, se heurtent à des difficultés à l’arrivée des réfugiés dans les institutions d’accueil. Après des mois d’attente en Grèce, la confiance n’est plus là et nombreux sont ceux qui tentent de rejoindre l’Allemagne au risque de tout perdre et d’être renvoyés en Grèce.

 

Mais pour la majorité des réfugiés, notamment Afghans, Pakistanais, Kurdes, certains de pays d‘Afrique, n’a pas d’autres choix que de consentir à rester en Grèce, à ne plus rêver d’ailleurs.

 

Après un parcours au péril de sa vie et l’euphorie de l’arrivée en Europe, la réalité d’un pays en forte crise où 60% des jeunes sont touchés par le chômage s’impose. Un pays pour lequel les réfugiés reconnaissants, conscients des difficultés sociales, économiques, politiques finissent par ressentir et exprimer un mélange de gratitude et de compassion, au delà de leurs propres impasses. C’est le temps des alternances des longues patiences et impatiences.

 

Chaque vie semble suspendue dans ce marécage où quasi rien ne bouge. On constate de plus en plus de dépressions, de troubles psychologiques sévères, d’automutilations et de tentatives de suicide.

 

Les smartphones sont comme autant de poumons qui font battre les cœurs, liens wifi avec pays d’origine, au fil des images les plus douces comme des plus violentes de guerre, de conflits, de massacres. Les liens avec visages aimés, familles et amis laissés derrière - souvent éprouvants - n’aident pas à regarder vers l’avant.

 

Des chemins encore à inventer

Sur fond de deuils, encore à faire et de traumatismes à surmonter ou soigner, la vie quotidienne des réfugiés et de ceux qui les rejoignent est ponctuée de cris, de silence et d’immenses points d’interrogation. Pourquoi, par exemple, faut il autant lutter pour pouvoir célébrer les funérailles d’un enfant musulman en terre grecque?

 

Pourquoi tant d’obstacles à affronter pour rejoindre à un coût prohibitif (plus de 3000 euros) l’unique cimetière musulman disponible à 800 km d’Athènes au Nord du pays? Quelles peurs, quelles indifférences, quels manques d’expérience de la rencontre révèlent ces obstacles?

 

Les cimetières comme nos mémoires ne sont-ils pas eux aussi des frontières à ouvrir? Des temps et des lieux où enfin déposer nos armes, reposer nos âmes?

 

A l’heure des grandes violences et des graves amalgames vis à vis des musulmans et de l’Islam, désamorçons sans naïveté la peur! Que chaque état en Europe ouvre à chaque confession, des espaces de rencontres et d’expression d’une commune humanité.

 

Pour gérer à la fois ce lourd présent et un avenir en Europe à inventer, il semble urgent d’aider au ressourcement des acteurs humanitaires comme de la société civile en Europe.

Nous risquons l’usure de l’action tout autant que la montée des indifférences ou du cynisme.

 

L’éthique et la pratique d’une hospitalité (Philoxenia en grec) respectueuse au service de la justice et de la paix demande du souffle! Par expérience, ce travail est d’autant plus fructueux dans chaque pays, quand il est pensé et mis en œuvre en équipe européenne de terrain, de Bruxelles à Athènes.

 

Cécile Deleplanque et Maurice Joyeux sj

Pour JRS Ellada

 

Les opinions exprimées dans europeinfos sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la COMECE et du Jesuit European Social Centre.

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Agenda

> 17 juillet
Présentation par la Commission Européenne de son examen annuel des développements en matière de questions sociales et d'emploi en Europe. L’édition 2017 se concentrera sur la question de l’égalité intergénérationnelle.
 
> 24 juillet
Réunion du Conseil pour les affaires économiques et financière (ECOFIN) qui rassemblera les ministres des affaires économiques et des finances des Etats membres de l’UE. Les politiques économiques de l’UE, la taxation et la réglementation des services financiers seront les principales questions à l’ordre du jour.
 
> 17-18 juillet
Réunion du Conseil pour l’agriculture et la pêche à Bruxelles. Les ministres européens en charge de la pêche et de l’agriculture y discuteront des questions relatives à leurs domaines de compétence et notamment de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal mais aussi de la santé végétale.
 
> 31 juillet – 11 août
Fermeture annuelle du siège de la COMECE à Bruxelles.
 
> 28 – 31 août
Réunion des commissions du Parlement Européen afin de préparer le travail législatif en vue de la session plénière du Parlement.

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