Monday 25. May 2020
#201 - février 2017

Un nouveau Président du Parlement européen

Antonio Tajani vient d'être élu pour un mandat de deux ans et demi à la tête du Parlement européen.

Inter-religious dialogue in Europe

Le Parlement européen entame la deuxième moitié de sa législature actuelle au Parlement de Strasbourg. Cette législature a démarré après les élections parlementaires européennes de 2014. Ses priorités pour les deux ans et demi qui viennent vont de l'immigration et du marché numérique au terrorisme et au Brexit en passant par la montée du populisme en Europe.

 

Un nouveau Président

La première session plénière du Parlement a été consacrée à l'élection de son président ; il fallait en effet remplacer Martin Schulz, qui quitte Bruxelles pour poursuivre sa carrière politique dans son Allemagne natale. C'est ainsi que le mardi 17 janvier le Parlement européen a élu à Strasbourg un nouveau Président, l'Italien Antonio Tajani. Alors que Martin Schulz représentait l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D), regroupant des parlementaires de gauche, Antonio Tajani appartient au Parti Populaire européen (PPE) de centre-droit.

 

La veille de l'élection s'était tenue la présentation de sept candidats. Mais quelques minutes seulement avant le début de l'élection, le leader de l'Alliance des Libéraux et Démocrates pour l'Europe (ALDE), Guy Verhofstadt, probablement le plus connu des candidats, a retiré sa candidature, après avoir convenu avec le PPE de soutenir Antonio Tajani. Le fait qu'il y ait eu une course électorale à la présidence, ayant fait l'objet d'une lutte aussi imprévisible qu'acharnée, a suscité beaucoup de perplexité et de controverses.

 

La fin de la "grande" coalition"

Pendant de nombreuses années, le PPE et le S&D, les deux plus grandes forces politiques du Parlement européen, ont mis en œuvre une alternance consistant à élire un président, tous les deux ans et demi, issu de chacune des deux formations. En conséquence, au cours de la précédente législature, Martin Schulz a partagé le mandat présidentiel de cinq ans avec son homologue polonais du PPE, Jerzy Buzek.

 

Cet accord politique informel visait à protéger les partis pro-UE et de bloquer toute tentative des députés européens euro-sceptiques de prendre le contrôle de l’institution. Dans le cadre de ce pacte, la nouvelle présidence aurait dû passer automatiquement à un député européen du PPE qui aurait pris la succession de Martin Schulz, mais les socialistes ont préféré dénoncer l'accord et choisir Gianni Pittella pour mener une campagne présidentielle au nom du S&D.

 

L'incapacité des deux grands partis à maintenir un accord informel de partage de la présidence de la législature parlementaire nous donne un bref aperçu d'une autre réalité à laquelle est confronté l'ensemble du Parlement européen.

 

Le problème sous-jacent ne se situe pas simplement au niveau de la présidence mais aussi de ce que l'on appelle la "grande coalition": un alignement de facto entre le PPE et le S&D (et, dans une certaine mesure, les libéraux d'ALDE) en vue de faire avancer les propositions législatives. Les deux partis, travaillant en coalition, donnaient le feu vert à Jean-Claude Juncker ou à ses commissaires et s’accordaient sur les grandes initiatives législatives. Ils agissaient de concert pour s'opposer aux forces nationalistes, populistes et euro-sceptiques. Mais cet "accord" s'est écroulé avec le départ de Martin Schulz et la candidature de Gianni Pittella.

 

Un changement de style de leadership ?

Martin Schulz a démontré l'importance de la figure du Président et il a renforcé le rôle du Parlement par son leadership. Il a réussi à unir les rangs du S&D, et grâce à sa personnalité charismatique, à mettre en avant le rôle du Parlement européen comme jamais encore jusque-là. Mais l'heure est peut-être venue de changer de style de leadership. Au sein la "bulle européenne", on estime qu'Antonio Tajani est bien placé pour assurer ce type de transition. Il affirme pour sa part que "le Parlement européen n'a pas besoin d'un Président fort mais d'un bon orateur et d'un Parlement fort".

 

Alors que nous sommes dans une période de fragilité évidente des institutions de l'Union européenne, le Parlement européen doit jouer un rôle fondamental, celui de rapprocher les questions européennes des citoyens. Les députés européens sont élus par les citoyens et ils doivent maintenir le dialogue avec leurs circonscriptions afin de renforcer la démocratie.

 

Pour ce faire, il faudra notamment que l'image de l'Europe soit le résultat de "la rencontre continuelle entre le ciel et la terre", qui reflète "l'ouverture à la transcendance – à Dieu – qui caractérise depuis toujours les peuples d'Europe", tout en représentant la capacité concrète et pratique de l'Europe à "affronter les situations et les problèmes", comme l'a déclaré le pape François au cours de sa visite au Parlement européen en novembre 2014. "L'avenir de l'Europe dépend de la redécouverte du lien vital et inséparable entre ces deux éléments", a souligné le pape. L'Union européenne est aujourd'hui confrontée à de nombreux défis et ses dirigeants ne doivent pas oublier que la devise de l'Europe est "L'unité dans la diversité".

Paula Sendin

JESC

 

Version originale de l’article : anglais

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